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Déficit, dette, intérêts : la France paie cher son laxisme budgétaire

Une · · Par Claire BERNARD

Déficit, dette, intérêts : la France paie cher son laxisme budgétaire

## Déficit, dette, intérêts : la France face à la méfiance de ses créanciers La France s'endette aujourd'hui à près de 120 % de son PIB et traîne depuis quatre

## Déficit, dette, intérêts : la France face à la méfiance de ses créanciers La France s'endette aujourd'hui à près de 120 % de son PIB et traîne depuis quatre ans un déficit public supérieur à 5 %, selon une analyse publiée par Le Figaro le 2 octobre 2026. Une situation qui ravive les inquiétudes sur la soutenabilité des finances publiques et qui place le pays sous la surveillance accrue de ses créanciers. ## Une dérive budgétaire installée dans la durée D'après les éléments rapportés par Le Figaro, il faut remonter à 2018 pour retrouver trace d'un solde budgétaire sous la limite autorisée des 3 % fixée par les règles européennes. Depuis, la France n'a jamais réussi à repasser sous le seuil des 5 %, un niveau qui la distingue nettement de la plupart de ses partenaires européens. Cette trajectoire, qualifiée de « lente dérive » par Jean-Paul Pollin, professeur d'économie émérite à l'université d'Orléans et membre du Cercle des économistes, illustre selon lui une accumulation de décisions budgétaires hasardeuses. « On a fait beaucoup de bêtises dans le passé, et on paye l'addition aujourd'hui », déclare-t-il au quotidien. ## La pression des marchés se matérialise L'emballement des taux d'intérêt auxquels la France emprunte à dix ans constitue le signal le plus visible de cette défiance. Selon Le Figaro, ces taux frôlaient les 5 % à la date du vendredi précédant la publication de l'article, un niveau qui alourdit mécaniquement le coût de la dette et réduit les marges de manœuvre budgétaires. Cette tension sur les marchés intervient alors que le gouvernement présente son budget 2027. Le premier ministre Sébastien Lecornu a affirmé, le jeudi précédant la publication, que « la situation de nos finances publiques et la pression des marchés nous imposent d'être rigoureux et transparents ». Une déclaration qui traduit la reconnaissance officielle d'une contrainte désormais difficile à contourner. ## Un sujet devenu central dans le débat politique La question budgétaire s'immisce désormais pleinement dans la campagne présidentielle. Édouard Philippe, prédécesseur de Sébastien Lecornu à Matignon et candidat déclaré à l'Élysée, a déclaré craindre sans détour un « étranglement » du pays. Cette prise de position illustre la manière dont la dette est devenue un argument politique de premier plan, au-delà des clivages traditionnels. Elle traduit également une inquiétude partagée sur la capacité de la France à préserver sa crédibilité auprès des investisseurs internationaux, alors que le coût du service de la dette absorbe une part croissante des ressources publiques. ## Une trajectoire qui interroge la soutenabilité La conjonction d'un endettement proche de 120 % du PIB, d'un déficit persistant au-delà de 5 % et de taux d'intérêt en forte hausse dessine une équation budgétaire préoccupante. Chaque point de taux supplémentaire sur la dette française renchérit le coût du refinancement et réduit d'autant les marges disponibles pour les politiques publiques. Selon les analyses relayées par Le Figaro, cette dynamique pourrait contraindre l'exécutif à des arbitrages difficiles dans les prochains mois, notamment sur les dépenses de fonctionnement et les dispositifs d'aide. La question reste toutefois de savoir si les mesures annoncées dans le budget 2027 suffiront à rassurer les créanciers et à infléchir la trajectoire avant que la charge des intérêts ne devienne elle-même un facteur aggravant de la dérive.