Début de la production en 2029: le Japon va investir 21 milliards de dollars dans deux usines de semi-conducteurs près de New York

## Un investissement nippon de 21 milliards de dollars dans les puces américaines Le Japon s'apprête à injecter 21 milliards de dollars dans la construction de
## Un investissement nippon de 21 milliards de dollars dans les puces américaines
Le Japon s'apprête à injecter 21 milliards de dollars dans la construction de deux usines de semi-conducteurs implantées dans le nord de l'État de New York. L'information, rapportée par BFM Business et confirmée par le groupe GlobalFoundries, s'inscrit dans le cadre d'un accord commercial plus large entre Tokyo et Washington. La première unité devrait sortir de terre avant la fin de l'année, pour une entrée en production attendue en 2029.
## Un site stratégique à Malte, dans l'État de New York
Les deux usines seront édifiées à Malte, une localité où GlobalFoundries possède déjà un site de production ainsi que son siège social. Selon le communiqué du groupe, la première usine devrait être mise en chantier d'ici la fin de l'année, avec un démarrage de la production prévu en 2029. La seconde sera construite ultérieurement, sans calendrier précis communiqué à ce stade. Ce choix géographique n'est pas anodin : il s'appuie sur une infrastructure industrielle existante et sur un écosystème de sous-traitants déjà implantés dans la région. Le nord de l'État de New York s'affirme ainsi comme l'un des pôles américains émergents de la fabrication de puces, aux côtés de l'Arizona et du Texas.
## Une gouvernance partagée entre Tokyo et Washington
Le montage retenu prévoit que les États-Unis et le Japon détiendront conjointement la propriété des installations, a précisé un porte-parole du groupe. Par ailleurs, GlobalFoundries va céder 4 % de son capital au gouvernement américain. Cette participation s'ajoute au 1 % déjà détenu par Washington, obtenu en contrepartie d'une subvention de 300 millions de dollars dévoilée en juillet pour développer de nouveaux produits et technologies. Ce schéma illustre la volonté des autorités américaines de peser directement sur une filière jugée critique pour la souveraineté technologique nationale.
## Le contexte d'un accord commercial plus vaste
Cet investissement s'inscrit dans le prolongement de l'accord commercial conclu entre les deux pays. En juillet 2025, lors de sa présentation, Donald Trump avait évoqué des engagements d'investissements japonais sur le territoire américain à hauteur de 550 milliards de dollars. Les 21 milliards annoncés pour les deux usines de Malte constituent donc une composante de ce dispositif global. La réaction des marchés a été positive : l'action GlobalFoundries a progressé à l'annonce de l'opération, signe que les investisseurs perçoivent favorablement l'arrivée d'un partenaire industriel et financier de cette envergure.
## Un acteur au parcours singulier
GlobalFoundries est né en 2008 de la décision du fabricant américain de processeurs AMD de cesser la production directe de ses puces. Scindée du reste de l'entreprise, la nouvelle société — d'abord baptisée The Foundry Company, puis renommée GlobalFoundries en 2009 — a été introduite en Bourse en 2021. Elle demeure contrôlée par le fonds souverain d'Abou Dhabi, Mubadala. Ce profil d'actionnaire, à la croisée des intérêts émiratis, américains et désormais japonais, confère au dossier une dimension géopolitique qui dépasse la seule logique industrielle.
## Un enjeu de souveraineté technologique
La montée en puissance des capacités de production américaines répond à une préoccupation largement partagée : réduire la dépendance aux chaînes d'approvisionnement asiatiques, en particulier taïwanaises, pour les puces avancées. L'implantation de deux nouvelles usines sur le sol américain, financées en partie par un partenaire étranger, témoigne de la recomposition en cours du secteur. Reste à savoir si les délais annoncés seront tenus : la mise en production en 2029 laisse une marge de plusieurs années, durant lesquelles les équilibres technologiques et commerciaux mondiaux pourraient encore évoluer sensiblement.