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De Sidiki Diabaté à Sona Jobarteh, un nouveau souffle pour la kora

Culture · · Par Emma ROUSSEAU

De Sidiki Diabaté à Sona Jobarteh, un nouveau souffle pour la kora

## Une renaissance contemporaine pour la kora L’instrument emblématique de l’Afrique de l’Ouest, la kora, connaît un regain d’intérêt notable. Selon Le Monde Cu

## Une renaissance contemporaine pour la kora L’instrument emblématique de l’Afrique de l’Ouest, la kora, connaît un regain d’intérêt notable. Selon Le Monde Culture, le public de cet instrument à cordes se rajeunit tandis que son répertoire se renouvelle, à l’image du concert que le musicien malien Sidiki Diabaté donnera ce vendredi 18 septembre à l’Accor Arena, à Paris. ## Une lignée prestigieuse Sidiki Diabaté n’est pas un artiste isolé dans le paysage musical malien. Il appartient à une dynastie de griots dont la renommée dépasse largement les frontières du Mali. Son père, Toumani Diabaté, est considéré comme l’un des plus grands virtuoses contemporains de la kora, et son grand-père, Sidiki Diabaté père, avait déjà marqué l’histoire de l’instrument. Cette filiation inscrit le musicien dans une tradition séculaire, celle des djeli, ces gardiens de la mémoire ouest-africaine qui transmettent récits, généalogies et épopées au fil des cordes. Pourtant, le concert parisien annoncé à l’Accor Arena témoigne d’une ambition qui dépasse le seul cadre patrimonial : il s’agit de faire résonner la kora dans des espaces habituellement dévolus aux musiques populaires amplifiées, et de toucher un public bien plus large que celui des scènes spécialisées. ## Une nouvelle génération d’interprètes Le renouvellement du public s’accompagne d’une évolution du répertoire et des interprètes. La Gambienne Sona Jobarteh incarne cette dynamique : elle est l’une des premières femmes à s’imposer comme virtuose de la kora, un instrument longtemps réservé aux hommes au sein des familles de griots. Son parcours, salué par la critique internationale, bouscule les conventions et ouvre la voie à d’autres musiciennes. À ses côtés, des artistes comme Sidiki Diabaté explorent des territoires hybrides, mêlant la kora aux sonorités électroniques, au jazz ou aux musiques urbaines. Cette porosité entre tradition et modernité séduit un auditoire plus jeune, familier des plateformes de streaming et des grandes salles, sans pour autant rompre avec l’héritage dont l’instrument est porteur. ## Un instrument entre mémoire et modernité La kora, harpe-luth à vingt-et-une cordes, possède une histoire millénaire dans les empires mandingues. Sa facture, ses techniques de jeu et son répertoire ont longtemps été transmis oralement, de génération en génération, au sein de lignées de griots. Ce mode de transmission, s’il garantit une fidélité remarquable, a parfois limité la diffusion de l’instrument au-delà de cercles restreints. Les mutations actuelles, portées par des musiciens issus de ces mêmes lignées, semblent inverser la tendance. La kora s’exporte, se réinvente et s’adresse désormais à des publics variés, en Afrique comme en Europe. Le concert de Sidiki Diabaté à l’Accor Arena, une salle parisienne de grande capacité, en constitue un symbole fort. ## Un enjeu de transmission Reste que cette ouverture pose la question de la transmission. Comment préserver la richesse d’un patrimoine oral tout en l’exposant à des formats commerciaux et à des collaborations multiples ? Les artistes concernés semblent conscients de cet équilibre délicat. Le Monde Culture souligne que le public rajeunit et que le répertoire évolue, sans préciser davantage les contours de cette mutation. Une chose paraît acquise : la kora n’est plus confinée aux seules cérémonies traditionnelles. Elle s’écrit désormais une histoire contemporaine, entre héritage assumé et expérimentation audacieuse, portée par des figures comme Sidiki Diabaté et Sona Jobarteh.