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De Quoi J'me mail : L'histoire du fabricant français de drones Parrot (2/2) - 12/07

Economie · · Par Julie MOREAU

De Quoi J'me mail : L'histoire du fabricant français de drones Parrot (2/2) - 12/07

Voici l'article rédigé selon vos instructions. --- Parrot : les ailes brisées d’un pionnier français des drones, entre espoirs et désillusions Après avoir domin

Voici l'article rédigé selon vos instructions.


Parrot : les ailes brisées d’un pionnier français des drones, entre espoirs et désillusions

Après avoir dominé le marché grand public des drones, le groupe français Parrot a dû opérer un virage stratégique radical pour assurer sa survie. Confronté à la concurrence chinoise féroce et à un marché des loisirs saturé, l’entreprise fondée par Henri Seydoux a choisi de se recentrer sur des secteurs à plus forte valeur ajoutée, notamment le professionnel et le militaire. Ce changement de cap, bien que nécessaire, n’a pas été sans douleur, avec des plans sociaux et une transformation profonde de son modèle économique. Retour sur la seconde vie d’une icône de la tech française.

Un leadership perdu face au géant chinois

L’histoire récente de Parrot est celle d’une déconvenue commerciale. Après avoir été le leader incontesté du drone de loisir avec des modèles comme l’AR.Drone, le groupe a vu sa position s’éroder face à l’arrivée massive de concurrents chinois, au premier rang desquels DJI. Ce dernier, grâce à une intégration verticale et des coûts de production bien inférieurs, a inondé le marché de produits performants et abordables. Pour Parrot, le segment grand public, jadis son cœur de métier, est devenu un foyer de pertes. La direction a alors pris la décision, difficile mais lucide, de se retirer de ce marché en 2017 pour se concentrer sur des niches où la technologie française pouvait encore faire la différence. Ce retrait a entraîné la suppression de plusieurs centaines de postes, marquant la fin d’une époque pour l’entreprise.

Le virage stratégique vers le professionnel

Désormais, Parrot mise sur des drones destinés aux professionnels : agriculture de précision, inspection d’infrastructures, géomètres ou encore sécurité. Le groupe a développé des solutions logicielles et matérielles spécifiques, comme les drones Anafi, capables de s’affranchir des contraintes GPS ou de résister à des conditions extrêmes. Ce repositionnement, s’il est plus rentable, est aussi plus exigeant. Il nécessite des cycles de vente plus longs et une relation client de proximité. Selon les informations disponibles, l’entreprise a réussi à stabiliser son chiffre d’affaires autour de 60 millions d’euros ces dernières années, mais la rentabilité reste un objectif difficile à atteindre, les coûts de R&D demeurant élevés. Le pari est donc loin d’être gagné, mais il offre une perspective plus durable que la course au volume du marché grand public.

L’appétit du secteur militaire et de la défense

Un nouvel horizon s’est ouvert pour Parrot avec les tensions géopolitiques et la guerre en Ukraine. Les drones civils, qu’ils soient de loisir ou professionnels, sont massivement utilisés sur les champs de bataille pour le renseignement et la reconnaissance. L’armée française et ses alliés européens cherchent des solutions souveraines, capables de résister au brouillage et de garantir la sécurité des données. Parrot, avec son savoir-faire en aéronautique et en électronique embarquée, pourrait bénéficier de cette demande. Le groupe a d’ailleurs noué des partenariats avec des acteurs de la défense, mais le chemin est semé d’embûches : les appels d’offres sont longs, les certifications complexes et la concurrence, y compris des start-up françaises, est vive. L’entreprise doit prouver sa capacité à passer à l’échelle industrielle pour répondre aux besoins des armées.

Un avenir incertain mais pas sans atouts

Malgré les difficultés, Parrot conserve des actifs précieux : une marque reconnue, un portefeuille de brevets solide et une main-d’œuvre hautement qualifiée. L’entreprise a également su se diversifier dans d’autres domaines, comme les systèmes audio et les objets connectés pour l’automobile, via sa filiale Parrot Automotive. Cependant, ces activités ne sont pas toujours suffisamment rentables pour compenser les pertes du pôle drones. L’avenir du groupe se jouera probablement sur sa capacité à décrocher des contrats militaires d’envergure et à atteindre l’équilibre financier. La route est encore longue pour ce pionnier, mais l’histoire de Parrot illustre parfaitement les défis de la high-tech française : l’innovation ne suffit pas, il faut aussi savoir durer et s’adapter.