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De 7 à 13 euros le paquet en 10 ans mais moins d'argent pour l'Etat: pourquoi la hausse des taxes sur le tabac rapporte de moins en moins de recettes fiscales

Economie · · Par Julie MOREAU

De 7 à 13 euros le paquet en 10 ans mais moins d'argent pour l'Etat: pourquoi la hausse des taxes sur le tabac rapporte de moins en moins de recettes fiscales

Le prix du paquet de cigarettes a augmenté de 84% en huit ans, passant de 7,05 euros en 2017 à 13 euros en 2025, selon l'Observatoire français des drogues et de

Le prix du paquet de cigarettes a augmenté de 84% en huit ans, passant de 7,05 euros en 2017 à 13 euros en 2025, selon l'Observatoire français des drogues et des tendances addictives (OFDT). Pourtant, cette hausse continue des taxes s'accompagne d'une baisse des recettes fiscales pour l'État, un paradoxe qui alimente la colère des buralistes. Alors que la Confédération des buralistes prévoit des rassemblements du 7 au 11 septembre dans six villes de France, la question du financement de la politique antitabac se pose avec acuité. ### Une politique du paquet cher aux effets contrastés La stratégie française repose sur un mécanisme simple : augmenter les taxes pour faire grimper les prix et dissuader les consommateurs. Le tournant décisif remonte à 2017, lorsque le gouvernement d'Édouard Philippe s'est fixé pour objectif de porter progressivement le paquet à 10 euros. Cet objectif a été largement dépassé, puisque le prix moyen atteint désormais 13 euros pour la marque la plus vendue. Cette politique a contribué au recul du tabagisme, mais elle a également provoqué un effondrement des ventes dans le réseau français. Les buralistes, qui fédèrent 22.500 points de vente, dénoncent un "ras-le-bol fiscal qui menace leur modèle économique", selon leur communiqué publié lundi. Ils réclament un gel de la fiscalité et la fin de l'indexation automatique du prix des cigarettes sur l'inflation, une mesure instaurée par le projet de loi de finances de la sécurité sociale 2023. ### Des recettes fiscales en baisse malgré des taxes plus élevées Le paradoxe est frappant : plus les taxes augmentent, moins l'État encaisse. Ce phénomène s'explique par la contraction des volumes vendus, qui compense largement l'augmentation du montant prélevé par paquet. Les fumeurs français se tournent également vers les marchés parallèles, notamment frontaliers, où les prix sont nettement inférieurs, ce qui réduit encore les ventes légales sur le territoire national. Les données de l'OFDT confirment cette tendance : la progression du prix n'a pas été linéaire depuis 2017, mais l'accélération récente a accentué le phénomène. Chaque hausse de taxe entraîne une baisse mécanique des ventes, créant un cercle vicieux pour le budget de l'État. Les recettes fiscales liées au tabac diminuent ainsi année après année, malgré des taux de prélèvement toujours plus élevés. ### Un débat budgétaire sous tension Les mobilisations des buralistes interviennent à un moment stratégique, à l'approche des débats budgétaires et de l'augmentation prévue du prix des cigarettes au 1er janvier. La proposition de Marine Le Pen de geler les taxes et de revoir leur indexation sur l'inflation ajoute une dimension politique au débat, même si aucune décision n'est encore actée à ce stade. L'enjeu pour les pouvoirs publics est double : maintenir une politique de santé publique efficace contre le tabagisme tout en préservant des recettes fiscales essentielles au financement de la sécurité sociale. Les arbitrages budgétaires à venir devront trouver un équilibre entre ces objectifs potentiellement contradictoires, alors que les buralistes menacent de durcir le mouvement si leurs demandes ne sont pas entendues.