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De 4.000 à 14.000 drones en un an mais encore loin des millions de la Russie: l'IA et les systèmes autonomes sont "la priorité" du nouveau chef d'état-major de l'armée de terre

Economie · · Par Julie MOREAU

De 4.000 à 14.000 drones en un an mais encore loin des millions de la Russie: l'IA et les systèmes autonomes sont

## L'armée de terre française accélère sur les drones et l'IA L'armée de terre française devrait disposer de 14.000 drones fin 2026, contre 4.000 en début d'ann

## L'armée de terre française accélère sur les drones et l'IA L'armée de terre française devrait disposer de 14.000 drones fin 2026, contre 4.000 en début d'année, a annoncé le général Jacques de Montgros, nouveau chef d'état-major de l'armée de terre, lors d'une audition à l'Assemblée nationale. Un triplement des capacités en douze mois qui traduit une accélération stratégique, mais qui reste très en deçà des volumes déployés par la Russie et l'Ukraine, estimés en millions d'unités. ## Une priorité affichée : l'IA et les systèmes autonomes Selon le général de Montgros, en fonction depuis juillet, l'innovation, l'usage en masse des drones, de l'intelligence artificielle et des systèmes autonomes constituent "la priorité" de son mandat. Ces technologies sont susceptibles de modifier "la nature du combat terrestre", a-t-il souligné devant les députés. Le chef d'état-major a précisé que l'effort sur la logistique, la défense sol-air ou les frappes à longue portée devait se poursuivre, mais que "aujourd'hui et demain, l'armée de terre va continuer à se structurer, se massifier, passer à l'échelle dans le domaine de l'IA et des systèmes autonomes". ## Une doctrine à réécrire Le général de Montgros a reconnu une incertitude doctrinale face à ces mutations technologiques. "Les équilibres entre l'homme et la machine, les équilibres entre les capacités traditionnelles et les capacités portées par les systèmes autonomes vont évoluer, évoluent déjà", a-t-il déclaré devant un parterre d'officiers. "Fondamentalement, il va falloir remettre en question quelques grilles de lecture", a-t-il ajouté. Il a toutefois admis ne pas pouvoir évaluer précisément l'ampleur des transformations en cours : "Aujourd'hui, savoir évaluer vraiment à quel point les systèmes autonomes et l'IA modifient en profondeur le combat terrestre, je ne sais pas le dire". Le chef d'état-major compte sur la "masse" de drones dont il disposera en 2027 pour tirer des "conclusions un peu fondamentales" sur la nature du combat terrestre. ## Une unité dédiée aux "drones de contact" Pour structurer cette montée en puissance, l'armée de terre prévoit la création d'une unité de "drones de contact", selon les éléments rapportés par BFM Business. Le général de Montgros entend également disposer en 2027 d'une "capacité de production" nationale, afin de sécuriser ses approvisionnements et de réduire sa dépendance à des chaînes industrielles étrangères. Ce mouvement s'inscrit dans un contexte où les conflits récents, notamment en Ukraine, ont démontré le rôle central des drones de petite taille dans les combats de contact, avec des volumes d'usage sans précédent. ## Un retard quantitatif à combler Malgré cette progression rapide, l'écart avec la Russie reste considérable. L'armée de terre française passerait ainsi de 4.000 à 14.000 drones en un an, quand la Russie et l'Ukraine en utilisent des millions. Cet écart reflète des choix industriels et doctrinaux différents, mais aussi une base de production historique plus modeste en France. La question du passage à l'échelle industrielle, évoquée par le général de Montgros, conditionnera la capacité réelle de l'armée de terre à soutenir un conflit de haute intensité. Le rendez-vous de 2027, avec la "masse" annoncée, servira de premier test concret pour évaluer les effets de cette doctrine sur l'entraînement, l'organisation des unités et la place du soldat dans un environnement de plus en plus automatisé.