De 2,29 à 2,46 euros le litre de gazole : pourquoi le prix des carburants diffère autant d’un département à l’autre

## Carburants : un écart de 17 centimes entre les Hauts-de-Seine et la Creuse Alors que les prix à la pompe flambent sur l'ensemble du territoire, un automobili
## Carburants : un écart de 17 centimes entre les Hauts-de-Seine et la Creuse
Alors que les prix à la pompe flambent sur l'ensemble du territoire, un automobiliste des Hauts-de-Seine paie en moyenne 2,29 euros le litre de gazole, contre 2,46 euros dans la Creuse, selon le baromètre Skenta, qui s'appuie sur les données gouvernementales rapportées par Le Figaro le 22 septembre 2026. Cet écart de 17 centimes illustre des disparités territoriales qui se sont creusées depuis le début de la crise au Moyen-Orient.
## Un différentiel qui touche tous les carburants
La tendance ne se limite pas au diesel. Pour le Sans-Plomb 95-E10, l'éventail des prix s'étend de 2,05 euros dans les Hauts-de-Seine à 2,26 euros dans le Territoire de Belfort, soit un écart de 21 centimes. Quel que soit le carburant observé, l'Île-de-France parvient à tirer son épingle du jeu, tandis que les territoires ruraux semblent constamment pénalisés. Ces écarts, s'ils ont toujours existé entre grandes villes et zones rurales, se seraient largement amplifiés depuis le début de la crise au Moyen-Orient, selon la même source.
## Densité, logistique et concurrence : les ressorts de la disparité
Plusieurs facteurs structurels expliquent ces différences. La densité de stations-service en zone urbaine dense favorise une concurrence accrue entre distributeurs, ce qui pèse à la baisse sur les prix affichés. À l'inverse, dans les départements ruraux comme la Creuse, le maillage territorial est plus lâche, limitant la pression concurrentielle. À cela s'ajoutent des coûts logistiques : l'acheminement du carburant vers des zones éloignées des grands axes de raffinage et de distribution renchérit mécaniquement le prix final. La fiscalité locale, notamment la taxe sur les produits énergétiques, peut également varier selon les régions, bien que son poids soit encadré au niveau national.
## Un contexte de flambée générale des prix
Ces disparités interviennent dans un contexte de hausse généralisée des prix des carburants. La crise au Moyen-Orient, dont l'intensité et la durée restent incertaines, a des répercussions directes sur les marchés mondiaux du pétrole. Les automobilistes des zones rurales, souvent plus dépendants de leur véhicule personnel faute d'alternatives de transport en commun, subissent de plein fouet cette conjonction de facteurs. Le différentiel de 17 centimes sur le gazole représente, pour un plein de 50 litres, un surcoût de 8,50 euros dans la Creuse par rapport aux Hauts-de-Seine.
## Vers une accentuation des inégalités territoriales ?
La question d'une amplification des inégalités territoriales face au coût de l'énergie pourrait s'imposer dans les mois à venir. Si la tendance se confirme, les ménages ruraux, déjà confrontés à des dépenses de mobilité plus élevées, pourraient voir leur pouvoir d'achat davantage fragilisé. Les pouvoirs publics n'ont pas annoncé, à ce stade, de dispositif spécifique visant à corriger ces écarts, dont l'évolution dépendra largement de la trajectoire des cours internationaux et des décisions des distributeurs.