Dans la ville frontalière de Fnideq, le Maroc s’efforce de faire oublier la crise de Ceuta

# Fnideq, vitrine d'une normalisation sous tension après la crise de Ceuta À Fnideq, ville frontalière du nord du Maroc, les autorités chérifiennes s'activent p
# Fnideq, vitrine d'une normalisation sous tension après la crise de Ceuta
À Fnideq, ville frontalière du nord du Maroc, les autorités chérifiennes s'activent pour tourner la page de la crise migratoire qui a éclaté avec l'enclave espagnole de Ceuta. Selon un reportage du Figaro publié le 3 août 2026, des militaires marocains ratissent encore les collines environnantes pour récupérer les derniers migrants, tandis que les tensions diplomatiques avec Madrid demeurent perceptibles.
## Un dispositif sécuritaire déployé à grande échelle
Sur les terres pelées qui entourent Fnideq, quelques militaires marocains s'activent encore en ce lundi matin, rapportent les envoyés spéciaux du Figaro. Ils cherchent les derniers jeunes qui, ces jours derniers, se sont rués en masse vers Ceuta, l'enclave espagnole voisine. Des petits groupes endormis entre des touffes d'herbe jaunie sont secoués par les soldats, puis regroupés et dirigés vers de petits bus avec une fermeté qui ne souffre pas de contestation. Personne ne tente véritablement de fuir, selon le témoignage recueilli sur place.
Une camionnette blanche, porte ouverte, circule dans les rues pentues de la ville haute. À petits gestes pressés, les policiers pressent les migrants de retour de monter à bord. Ce dispositif d'évacuation vers l'arrière-pays semble refléter la volonté des autorités marocaines de normaliser rapidement la situation dans cette zone frontalière stratégique, où les images de franchissements massifs ont durablement marqué les esprits.
## Des responsabilités divergentes entre Rabat et Madrid
Côté espagnol, la passivité des autorités chérifiennes est clairement mise en cause, souligne le quotidien français. Les observateurs notent que cette crise intervient dans un contexte diplomatique déjà fragile entre les deux pays, marqué par des désaccords persistants sur la question du Sahara occidental et les routes migratoires en Méditerranée occidentale. Les autorités espagnoles sembleraient considérer que la gestion de ces flux relève d'une responsabilité partagée, tandis que Rabat insisterait sur le caractère souverain de ses opérations de contrôle frontalier.
Sur le bord de la route côtière qui relie Castillejos — le nom que les habitants donnent à Fnideq — à sa voisine espagnole, une petite dizaine de personnes attendent, selon les constatations des journalistes du Figaro. Cette zone, devenue un point de passage symbolique entre l'Afrique et l'Europe, cristallise les enjeux migratoires qui opposent régulièrement les deux royaumes.
## Une mémoire locale qui demeure vive
La ville de Fnideq, également connue sous le nom de Castillejos, porte les stigmates de ces épisodes récurrents de franchissement massif. Les habitants, habitués à ces vagues migratoires cycliques, observent avec attention les opérations en cours. Les autorités marocaines semblent pressées de tourner la page, affirment les envoyés spéciaux, cherchant à démontrer leur capacité à contrôler efficacement leurs frontières tout en évitant une escalade diplomatique avec l'Espagne.
Cette opération de nettoyage des abords de la ville intervient alors que les relations entre Rabat et Madrid pourraient connaître de nouvelles évolutions, dans un contexte où la coopération sécuritaire en Méditerranée occidentale demeure un enjeu central pour les deux pays. La gestion de cette crise pourrait ainsi constituer un test pour l'avenir de la coopération bilatérale en matière migratoire.