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"Dans ce pays, il faut arrêter l'immobilisme": la région Occitanie demande une "nationalisation temporaire" de l'usine de pâte à papier Fibre Excellence

Economie · · Par Julie MOREAU

La région Occitanie a officiellement demandé à l'État une "nationalisation temporaire" de l'usine de pâte à papier Fibre Excellence de Saint-Gaudens (Haute-Garo

La région Occitanie a officiellement demandé à l'État une "nationalisation temporaire" de l'usine de pâte à papier Fibre Excellence de Saint-Gaudens (Haute-Garonne), menacée d'une liquidation judiciaire dès le 8 septembre. La présidente de la région, Carole Delga, a détaillé mercredi un plan de financement public chiffré à 28 millions d'euros, réparti entre l'État et la collectivité territoriale, afin de laisser "trois à quatre mois de plus" pour trouver un repreneur industriel. ### Un appel à l'État pour une prise de participation majoritaire Lors d'une conférence de presse, Carole Delga a explicitement sollicité une intervention directe de l'exécutif national. Elle demande "une nationalisation temporaire de Fibre Excellence, avec une prise de participation de l'État", précisant qu'il s'agit d'une "prise de participation publique majoritaire et temporaire". Selon elle, cette action relève "de la compétence du président de la République". La présidente de région a justifié cette requête par un constat sans appel : les dispositifs classiques du Tribunal de commerce ne permettraient pas d'accorder les délais nécessaires à la conclusion d'un accord industriel. "Dans ce pays, il faut se battre, arrêter l'immobilisme", a-t-elle lancé, soulignant l'urgence d'une action politique forte face à une échéance judiciaire critique. ### Un financement public détaillé de 28 millions d'euros Le plan de sauvetage proposé par la région Occitanie repose sur une architecture financière précise. L'État serait sollicité à hauteur de 15 millions d'euros, ventilés en 5 millions d'euros en capital et 10 millions d'euros en trésorerie. En parallèle, la région Occitanie s'engagerait à hauteur de 13 millions d'euros, dont 8 millions en capital et 5 millions en trésorerie. Ce total de 28 millions d'euros viserait à stabiliser l'entreprise le temps de finaliser un partenariat. Mme Delga a indiqué qu'un industriel portugais a d'ailleurs visité l'usine de Saint-Gaudens mardi, confirmant l'existence de pistes sérieuses de reprise. Elle estime que "trois à quatre mois de plus" seraient suffisants pour trouver "un investisseur étranger". ### Un site industriel à l'arrêt et des salariés dans l'attente L'usine de pâte à papier de Saint-Gaudens, à l'arrêt depuis avril, emploie 270 salariés. La société risque une liquidation judiciaire dès le 8 septembre si le Tribunal de commerce le décide, alors qu'il a demandé une amélioration d'ici jeudi de l'offre de reprise en cours. La situation sociale est donc extrêmement tendue pour les employés du site, qui attendent une issue favorable. La proposition de la région Occitanie intervient dans ce contexte de forte pression, alors que l'avenir industriel du site est suspendu à une décision judiciaire imminente et à la volonté politique de l'État de s'engager financièrement dans une opération de sauvetage temporaire. La demande de Carole Delga place désormais la balle dans le camp de l'exécutif national, qui devra arbitrer sur un principe de nationalisation temporaire rarement utilisé pour un site industriel de cette taille. L'issue de ce dossier dépendra de la capacité de l'État à répondre favorablement à cette requête, mais aussi de la solidité des offres de reprise déposées par les candidats industriels. La fenêtre de tir est étroite, avec une échéance judiciaire fixée au 8 septembre et une demande d'amélioration des offres attendue d'ici jeudi.