Dans la Loire, des maires « abandonnés par l’État » après une décision de justice annulant les couvre-feux pour mineurs

Dans la Loire, le tribunal administratif de Lyon a suspendu début août les arrêtés de couvre-feu pour mineurs adoptés en juillet par les maires de quatre commun
Dans la Loire, le tribunal administratif de Lyon a suspendu début août les arrêtés de couvre-feu pour mineurs adoptés en juillet par les maires de quatre communes, suscitant un vif sentiment d’abandon parmi les élus locaux. Ces derniers, confrontés à une recrudescence des troubles à l’ordre public durant l’été, dénoncent une décision judiciaire qui les priverait d’un outil de gestion qu’ils jugent essentiel, selon des informations rapportées par *Le Figaro*.
### Une décision judiciaire perçue comme un désaveu
Le maire de Saint-Chamond, Axel Dugua (LR), deuxième commune la plus peuplée du département avec environ 35 500 habitants, ne cache pas son amertume. « On se substitue à l’État et en remerciement on nous attaque comme des bandits », a-t-il déclaré, cité par *Le Figaro*, après avoir reçu la notification du jugement annulant ses arrêtés. Ces textes, pris courant juillet, interdisaient à partir de 23 heures les regroupements de plus de deux personnes troublant l’ordre public, ainsi que la présence de mineurs âgés de moins de 16 ans non accompagnés d’un parent ou de leur représentant légal.
La décision du tribunal administratif de Lyon s’inscrit dans un contexte de multiplication des incidents. Selon les données communiquées par la municipalité de Saint-Chamond, 188 interventions de la police municipale ont été recensées entre le 1er janvier et le 30 juin concernant des jeunes mineurs pour des troubles à l’ordre public. Ce chiffre atteignait déjà 33 interventions supplémentaires entre le 1er et le 10 juillet, un rythme qui aurait motivé l’adoption des mesures restrictives.
### Un sentiment d’abandon face à l’insécurité estivale
Pour les édiles concernés, cette suspension judiciaire intervient au pire moment, alors que les tensions estivales restent vives. Les arrêtés visaient notamment plusieurs places de Saint-Chamond, devenues des points de rassemblement nocturnes pour des groupes de jeunes. Les maires estiment que leur action s’inscrivait dans une logique de protection de la tranquillité publique, en l’absence de dispositifs étatiques suffisamment dissuasifs.
D’après les informations recueillies auprès des intéressés, les élus envisagent déjà de reprendre de nouveaux arrêtés, potentiellement reformulés pour répondre aux exigences du juge administratif. Cette perspective témoigne d’une détermination à ne pas laisser la décision judiciaire clore le débat, même si elle soulève des questions juridiques complexes sur la répartition des compétences entre l’État et les collectivités territoriales en matière de sécurité.
### Des implications juridiques et politiques
Cette affaire met en lumière les tensions récurrentes autour des pouvoirs de police des maires, notamment en matière de prévention de la délinquance juvénile. Le tribunal administratif, en suspendant ces arrêtés, a vraisemblablement jugé que les mesures prises étaient disproportionnées ou insuffisamment justifiées au regard des libertés individuelles. Les maires, eux, dénoncent un « abandon » de l’État, les laissant seuls face à des phénomènes de tapage nocturne et de troubles récurrents.
La situation dans la Loire pourrait faire jurisprudence et inspirer d’autres communes confrontées à des problématiques similaires. Les prochaines semaines seront décisives pour observer si les nouvelles rédactions des arrêtés, si elles voient le jour, parviennent à concilier les exigences de l’ordre public et les contraintes juridiques posées par la justice administrative.