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D'ici 2030, l'exécutif souhaite voir un doublement de leur capacité: les réseaux de froid urbain, un système prometteur face aux canicules mais dont il "faudra à l'avenir s'assurer de renforcer la robustesse"

Economie · · Par Julie MOREAU

D'ici 2030, l'exécutif souhaite voir un doublement de leur capacité: les réseaux de froid urbain, un système prometteur face aux canicules mais dont il

# Réseaux de froid urbain : l'exécutif vise un doublement des capacités d'ici 2030, mais la robustesse interroge Face à des étés toujours plus caniculaires, les

# Réseaux de froid urbain : l'exécutif vise un doublement des capacités d'ici 2030, mais la robustesse interroge Face à des étés toujours plus caniculaires, les réseaux de froid urbain apparaissent comme une alternative prometteuse à la climatisation individuelle. L'exécutif français souhaite doubler leur capacité d'ici 2030, alors que ces infrastructures, encore modestement déployées, ont montré leurs limites lors des récentes vagues de chaleur à Paris. Un défi technique et climatique se dessine pour garantir leur résilience face à des températures extrêmes. ## Un système centralisé aux vertus écologiques reconnues Les réseaux de froid urbain fonctionnent sur un principe simple mais efficace : produire de l'eau glacée de manière centralisée, puis la distribuer via des canalisations souterraines pour rafraîchir les bâtiments raccordés. Contrairement aux climatiseurs individuels, qui rejettent de la chaleur dans l'espace public et aggravent les îlots de chaleur urbains, ces systèmes limitent l'impact environnemental tout en offrant un rendement énergétique supérieur. Dans son dernier avis, le Haut Conseil pour le climat estime que "le développement des réseaux de froid sera particulièrement intéressant" pour "minimiser" le recours à la climatisation et ainsi "diminuer les effets d'îlots de chaleur". Une position qui conforte la stratégie gouvernementale, alors que la France ne compte qu'une cinquantaine de ces réseaux, principalement concentrés dans les grandes métropoles. ## Un objectif de doublement porté par les industriels D'ici 2030, l'exécutif français souhaite voir la capacité de cette technologie doubler. Un objectif ambitieux qui suscite l'intérêt des grands groupes énergétiques. Les entreprises Veolia et Engie ont ainsi annoncé le lancement d'études pour implanter ces infrastructures dans les villes moyennes, un segment jusqu'ici peu exploité. Ce déploiement répond à une demande croissante : les épisodes caniculaires se multiplient, poussant les collectivités et les acteurs économiques à chercher des solutions de rafraîchissement durables. Les réseaux de froid urbain, économes et écologiques, sont présentés comme une réponse structurelle aux défis du réchauffement climatique. ## Des limites révélées par les canicules parisiennes Mais ces infrastructures peuvent-elles résister aux canicules les plus intenses ? Les événements survenus à Paris fin juin apportent un début de réponse préoccupant. Au plus fort de la vague de chaleur, certaines installations ont atteint des pics de puissance, mettant à mal leurs capacités de production et de distribution. Des établissements raccordés, notamment dans la capitale, ont subi des dysfonctionnements. Les températures à Paris en juin, avec 35 degrés enregistrés quotidiennement, ont ainsi exposé les fragilités du système. "Il faudra à l'avenir s'assurer de renforcer la robustesse", préviennent les observateurs, soulignant la nécessité d'adapter les infrastructures à des températures encore plus élevées que celles anticipées lors de leur conception initiale. ## Un enjeu de dimensionnement face au changement climatique Le défi technique est donc double : étendre la couverture géographique des réseaux de froid urbain tout en garantissant leur capacité à fonctionner pendant les pics de chaleur extrême. Le dimensionnement des installations doit être repensé pour absorber des demandes de puissance qui pourraient dépasser les prévisions actuelles. Les entreprises du secteur, conscientes de ces enjeux, travaillent sur des solutions d'optimisation et de renforcement. L'objectif affiché par l'exécutif pour 2030 ne pourra être atteint sans une réflexion approfondie sur la résilience de ces réseaux face à un climat qui se réchauffe plus rapidement que prévu. La robustesse des infrastructures devient ainsi un critère aussi crucial que leur déploiement.