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Cyberattaques : face à l’urgence, Sébastien Lecornu crée une nouvelle unité spécialisée pour mieux protéger l’État

Une · · Par Claire BERNARD

Cyberattaques : face à l’urgence, Sébastien Lecornu crée une nouvelle unité spécialisée pour mieux protéger l’État

La nouvelle unité voulue par le premier ministre Sébastien Lecornu sera mobilisable dès la violation d’accès sensible d’un ministère. Selon des informations rap

La nouvelle unité voulue par le premier ministre Sébastien Lecornu sera mobilisable dès la violation d’accès sensible d’un ministère. Selon des informations rapportées par Le Figaro, une lettre adressée ce mercredi au secrétaire général de la défense et de la sécurité nationale impose un délai de trois jours pour la mise en place de cette « task force » dédiée à la protection des systèmes d’information de l’État. ## Une réponse gouvernementale face à l’urgence des intrusions D’après le courrier consulté par Le Figaro, Sébastien Lecornu donne trois jours à Nicolas Roche pour monter cette « nouvelle unité cyber ». Cette structure sera spécifiquement « chargée d’intervenir en première ligne en cas de suspicion d’atteinte grave à l’intégrité du système d’information de l’État ». Le premier ministre part d’un constat sévère concernant les ministères, qui demeurent aujourd’hui seuls responsables de la bonne exécution des préconisations de l’ANSSI (l’Agence nationale de la sécurité des systèmes d’information) en matière de cybersécurité. Cette décision intervient dans un contexte marqué par l’alarmante multiplication des intrusions et fuites de données subies par différents services publics. Sébastien Lecornu avait d’ailleurs réuni lundi une cellule interministérielle de crise, conscient de la nécessité de prendre le sujet de la sécurité numérique à bras-le-corps au plus haut niveau de l’État. La nouvelle unité serait ainsi mobilisable dès la violation d’accès sensible d’un ministère, selon la même source. ## Une organisation centralisée pour une réponse immédiate Le dispositif envisagé semble reposer sur une logique de réactivité maximale. En effet, contrairement au schéma actuel où chaque ministère gère ses propres obligations de sécurité, cette « task force » centrale pourrait mutualiser les compétences et accélérer les prises de décision. Toutefois, les modalités précises de fonctionnement de cette unité n’ont pas été entièrement détaillées dans la lettre, dont le contenu demeure partiellement couvert par le secret défense. Par ailleurs, cette initiative s’inscrit dans un mouvement plus large de renforcement des capacités cyber de l’État français. Elle pourrait également témoigner d’une volonté de coordonner plus étroitement les actions de l’ANSSI avec les besoins opérationnels immédiats des administrations centrales. Les précédentes tentatives de centralisation en la matière avaient toutefois montré des résultats contrastés, selon des experts en sécurité informatique interrogés par la rédaction. ## Des implications potentielles pour l’ensemble du secteur public La création de cette unité spécialisée pourrait avoir des répercussions au-delà des seuls ministères régaliens. En effet, l’ensemble des opérateurs d’importance vitale et des établissements publics pourraient, à terme, bénéficier de ce dispositif d’intervention rapide. Selon des sources proches du dossier, il s’agirait d’instaurer une culture de la sécurité plus offensive, où la détection précoce primerait sur la simple conformité réglementaire. Toutefois, plusieurs questions demeurent en suspens concernant les ressources humaines et budgétaires allouées à cette nouvelle structure. Le précédent de l’ANSSI, dont les effectifs ont régulièrement augmenté ces dernières années pour atteindre plusieurs centaines d’agents, pourrait servir de référence. Néanmoins, le calendrier imposé par le premier ministre — trois jours pour monter l’unité — suggère une volonté de résultat immédiat, possiblement dans la perspective de la prochaine loi de programmation militaire. ## Une dynamique sécuritaire à surveiller Cette annonce intervient dans un environnement où les menaces cybernétiques se sophistiquent, touchant aussi bien les infrastructures critiques que les données personnelles des citoyens. La réponse gouvernementale, si elle se concrétise dans les délais impartis, pourrait constituer un précédent significatif dans la doctrine française de défense numérique. Reste à observer comment cette « task force » s’articulera avec les dispositifs existants, notamment le COMCYBER et les centres de réponse aux incidents, pour éviter d’éventuels doublons opérationnels. Les prochaines semaines devraient apporter des précisions sur les contours définitifs de cette unité et sur ses premières missions concrètes.