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Culture IA : Une machine à remonter le temps... virtuelle - 18/09

Economie · · Par Emma ROUSSEAU

Culture IA : Une machine à remonter le temps... virtuelle - 18/09

## Une machine à remonter le temps… virtuelle Et si l’histoire cessait d’être un lointain souvenir pour devenir une expérience sensible, presque charnelle ? C’e

## Une machine à remonter le temps… virtuelle Et si l’histoire cessait d’être un lointain souvenir pour devenir une expérience sensible, presque charnelle ? C’est la promesse que dessine la « promenade augmentée », un principe exploré par Anthony Morel dans l’émission Culture IA, diffusée sur BFM Business le vendredi 18 septembre. L’idée est simple mais vertigineuse : grâce à la technologie, flâner dans les rues d’une ville pourrait suffire à convoquer les vestiges de son passé, superposés au réel comme un calque invisible. ## Quand le réel se couvre de mémoire La promenade augmentée ne se contente pas d’afficher des informations sur un écran. Elle transforme le regard. Là où l’on ne voyait qu’une façade banale, une application pourrait faire surgir les contours d’un édifice disparu, les visages d’une foule d’autrefois, le bruit d’un marché médiéval. Anthony Morel, chroniqueur tech bien connu des auditeurs de BFM Business, a présenté ce vendredi 18 septembre le principe de cette immersion, qui mêle mobilité et réalité augmentée. Le podcast de l’émission, d’une durée de 3 minutes et 54 secondes, invite à réécouter cette exploration des « joyaux de notre histoire » rendus accessibles par la tech. Une manière de réconcilier le patrimoine et le grand public, en substituant à la visite guidée classique une déambulation personnalisée et vivante. ## Un patrimoine à portée de smartphone L’enjeu dépasse la simple curiosité touristique. En rendant l’histoire « beaucoup plus immersive », selon les termes employés dans l’émission, ces dispositifs pourraient redonner souffle à des sites parfois délaissés. Le principe repose sur une hybridation : la géolocalisation précise, la modélisation 3D, parfois la reconstitution sonore, viennent enrichir l’expérience du promeneur. On pense aux travaux menés depuis plusieurs années sur la réalité augmentée appliquée au patrimoine, notamment dans certaines villes européennes où des applications permettent déjà de visualiser des monuments aujourd’hui disparus. La machine à remonter le temps n’est plus une fiction : elle tient dans une poche, à condition que l’utilisateur accepte de lever les yeux de son écran pour regarder le monde autrement. ## Les limites d’une illusion Reste que cette promenade augmentée soulève des questions. La médiation technologique ne risque-t-elle pas de supplanter l’émotion brute face à une pierre millénaire ? Certains historiens de l’art s’interrogent sur le risque de « disneylandisation » du patrimoine, où le spectaculaire primerait sur l’authenticité. Anthony Morel n’a pas éludé ces réserves, mais il a insisté sur le potentiel pédagogique de ces outils, capables de toucher un public jeune, habitué aux interfaces interactives. La promenade augmentée ne remplace pas l’érudition : elle l’accompagne, la rend tangible. Encore faut-il que les contenus soient rigoureusement documentés, sous peine de transformer la mémoire collective en parc d’attractions. ## Vers une histoire sensible La chronique du 18 septembre le suggère : la technologie, loin d’être une menace pour la culture, peut en devenir une alliée précieuse. En permettant à chacun de « voir » ce qui n’est plus, la promenade augmentée crée une forme d’empathie historique. Elle ne se contente pas de transmettre un savoir : elle le fait éprouver. Une manière de répondre à une question ancienne — comment intéresser le grand public à ce qui n’est plus ? — par un geste contemporain : marcher, regarder, et laisser la machine souffler à notre oreille les voix du passé. Une utopie douce, à portée de main, qui reste tributaire de notre capacité à ne pas nous perdre dans le virtuel.