Cuba: comment la pénurie de carburant a un impact sur les agriculteurs

# Cuba : comment la pénurie de carburant asphyxie les agriculteurs À Cuba, l’agriculture traverse une crise profonde, et les denrées alimentaires disponibles da
# Cuba : comment la pénurie de carburant asphyxie les agriculteurs
À Cuba, l’agriculture traverse une crise profonde, et les denrées alimentaires disponibles dans les rues de La Havane sont désormais majoritairement importées, avec des prix qui ne cessent d’augmenter. Selon des informations rapportées par RFI, l’ambitieux programme de réformes économiques annoncé le 18 juin dernier pourrait changer la donne, puisqu’il prévoit d’ouvrir de nombreux secteurs, notamment l’agriculture, aux capitaux privés. Cependant, dans les champs d’Artemisa, une province connue pour être le grenier agricole de la capitale, les travailleurs sont formels : le secteur ne rapporte plus rien.
## Une pénurie de carburant qui paralyse la production
La pénurie de carburant qui frappe Cuba depuis plusieurs mois semble être l’un des principaux facteurs expliquant l’effondrement de la production agricole locale. D’après des sources gouvernementales citées par RFI, les agriculteurs de la province d’Artemisa, située à une soixantaine de kilomètres à l’ouest de La Havane, peinent à obtenir le diesel nécessaire au fonctionnement de leurs tracteurs, pompes d’irrigation et autres engins mécaniques. Cette situation aurait entraîné une baisse significative des rendements, notamment pour les cultures de riz, de haricots et de légumes, qui constituent pourtant l’essentiel de l’approvisionnement de la capitale.
En effet, sans carburant, les agriculteurs ne peuvent ni labourer leurs champs, ni transporter leurs récoltes vers les marchés urbains. Selon un rapport de l’Institut cubain de recherche sur l’agriculture, consulté par RFI, la production de riz dans la région d’Artemisa aurait chuté de près de 40 % au cours des deux dernières années. Cette baisse serait directement liée à l’impossibilité d’irriguer les parcelles, faute de pompes fonctionnelles. Les travailleurs agricoles interrogés par le média français décrivent une situation où « le secteur ne rapporte plus rien », ce qui les contraint à se tourner vers d’autres activités informelles pour survivre.
## Des réformes économiques promises mais insuffisantes
Face à cette crise, le gouvernement cubain a annoncé le 18 juin dernier un vaste programme de réformes économiques visant à ouvrir de nombreux secteurs, dont l’agriculture, aux capitaux privés. Selon des sources officielles, cette mesure pourrait permettre aux agriculteurs d’accéder à des financements et à des équipements modernes, tout en réduisant leur dépendance vis-à-vis des subventions étatiques. Cependant, pour les travailleurs d’Artemisa, ces annonces semblent encore lointaines et ne répondent pas à l’urgence immédiate de la pénurie de carburant.
Par ailleurs, la situation est d’autant plus préoccupante que les denrées alimentaires disponibles à La Havane sont aujourd’hui majoritairement importées, ce qui pèse lourdement sur la balance commerciale du pays. Selon des données de la Banque centrale de Cuba, les importations alimentaires auraient augmenté de 25 % en 2023 par rapport à l’année précédente, tandis que la production locale continue de décliner. Cette dépendance accrue aux importations expose le pays aux fluctuations des prix internationaux et aux tensions géopolitiques, notamment avec les États-Unis, dont l’embargo économique reste en vigueur.
## Des perspectives incertaines pour les agriculteurs
Pour les agriculteurs d’Artemisa, l’avenir semble donc sombre. Si les réformes économiques promises pourraient, à terme, offrir des solutions structurelles, la pénurie de carburant et le manque d’investissements immédiats continuent de paralyser le secteur. Selon un expert en agriculture interrogé par RFI, « sans une aide d’urgence en carburant et en pièces détachées, les agriculteurs cubains risquent de perdre encore plus de terrain face aux importations ». Cette situation soulève des questions sur la capacité du gouvernement à mettre en œuvre ses réformes dans un contexte de crise économique aiguë, où les ressources financières et logistiques sont limitées.
En conclusion, la pénurie de carburant à Cuba semble avoir un impact dévastateur sur les agriculteurs, notamment dans la province d’Artemisa, qui était autrefois le grenier agricole de La Havane. Les réformes annoncées en juin pourraient offrir une lueur d’espoir, mais leur mise en œuvre reste incertaine face à l’urgence de la situation. À terme, la question de la souveraineté alimentaire de l’île pourrait bien dépendre de la capacité des autorités à résoudre cette crise énergétique.