Cruel, contreproductif... Le boycott du cinéaste israélien Nadav Lapid à Marseille ne passe pas

# Boycott du cinéaste israélien Nadav Lapid à Marseille : une polémique qui divise le monde du cinéma Le Festival international du cinéma (FID) de Marseille a r
# Boycott du cinéaste israélien Nadav Lapid à Marseille : une polémique qui divise le monde du cinéma
Le Festival international du cinéma (FID) de Marseille a récemment défrayé la chronique en déprogrammant le cinéaste israélien Nadav Lapid, lauréat de l'Ours d'or à Berlin en 2019. Selon des informations rapportées par *Le Figaro* le 9 juin 2026, cette décision, justifiée par des « appels demandant la désinvitation » de l'artiste de 51 ans installé en France depuis 2021, suscite une vive controverse dans le milieu cinématographique. Deux tribunes, signées notamment par Justine Triet, Jacques Audiard ou encore Natalie Portman, dénoncent un geste jugé « cruel » et « contreproductif ».
## Un boycott aux motifs contestés
### Des accusations de « réalité coloniale et génocidaire »
La douzaine de cinéastes ayant réclamé l'exclusion de Nadav Lapid ont justifié leur démarche par une volonté « d'agir contre une réalité coloniale et génocidaire », selon les termes rapportés par *Le Figaro*. Certains artistes sélectionnés au FID avaient également annoncé leur intention de retirer leurs films de la programmation pour protester contre la présence du réalisateur israélien. Cette position interroge d'autant plus que Nadav Lapid est connu pour sa critique virulente, tant à l'écran que dans ses prises de parole publiques, de la politique de son pays d'origine, notamment concernant la guerre à Gaza.
### Une contradiction soulignée par les signataires des tribunes
Les personnalités ayant pris la défense du cinéaste estiment que ce boycott cible un artiste dont l'œuvre et les engagements publics devraient au contraire le protéger de telles attaques. « Rien ne le sauvera à leurs yeux. Ni sa virulente critique à l'écran de la société et des institutions israéliennes, ni ses prises de parole publiques contre la guerre à Gaza », souligne l'article du *Figaro*. Pour les signataires, le simple fait d'être de nationalité israélienne constituerait un « trop gros défaut » aux yeux de ses détracteurs, ce qui reviendrait à une forme de discrimination.
## Un précédent inquiétant pour la liberté artistique
### La crainte d'une instrumentalisation politique
Cette affaire soulève des questions plus larges sur l'instrumentalisation politique des festivals de cinéma. Le FID Marseille, qui se veut une vitrine du cinéma indépendant et contestataire, se trouve pris dans une contradiction : exclure un artiste dont le travail critique les politiques de son propre gouvernement revient à nier la complexité des positions individuelles. Plusieurs observateurs estiment que ce précédent pourrait encourager d'autres mouvements de boycott basés sur la nationalité, au détriment du débat d'idées et de la diversité des voix dans le paysage culturel.
### Une tendance qui interroge le milieu culturel
Cette polémique s'inscrit dans un contexte plus large de tensions autour de la représentation d'Israël dans les festivals internationaux. Si le boycott culturel est un outil de protestation régulièrement utilisé, son application à des artistes ouvertement critiques envers leur gouvernement est perçue comme particulièrement problématique. Les signataires des tribunes estiment que cette approche pourrait, à terme, nuire à la crédibilité des festivals et réduire l'espace de dialogue nécessaire à la compréhension des conflits complexes.
## Une situation sans issue claire
Alors que le FID Marseille n'a pas officiellement commenté les conséquences de cette déprogrammation pour l'édition à venir, la polémique ne semble pas près de s'éteindre. Les défenseurs de Nadav Lapid appellent à une réflexion plus nuancée sur les critères de sélection des artistes, tandis que ses détracteurs maintiennent leur position. Cette affaire illustre les difficultés croissantes du monde culturel à naviguer entre impératifs politiques et liberté artistique, dans un climat international de plus en plus polarisé.