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Crise lycéenne : les 3000 professeurs remplaçants sortis du chapeau par Edouard Geffray sèment le trouble

Une · · Par Claire BERNARD

Crise lycéenne : les 3000 professeurs remplaçants sortis du chapeau par Edouard Geffray sèment le trouble

## Crise lycéenne : les 3 000 professeurs remplaçants annoncés par Édouard Geffray suscitent l'interrogation L'annonce a été faite jeudi soir, à l'issue de la q

## Crise lycéenne : les 3 000 professeurs remplaçants annoncés par Édouard Geffray suscitent l'interrogation L'annonce a été faite jeudi soir, à l'issue de la quatrième journée de contestation lycéenne qui agite le pays depuis quinze jours. Selon des informations rapportées par Le Figaro, le ministre de l'Éducation nationale, Édouard Geffray, a déclaré au journal de 20 heures de TF1 qu'il allait affecter « plusieurs milliers » de professeurs remplaçants « dans les prochaines heures » dans les établissements les plus en difficulté. Une réponse présentée comme concrète et immédiate à l'une des revendications du mouvement, mais qui soulève de nombreuses questions sur la gestion des ressources humaines au sein de l'institution scolaire. ## Un vivier déjà présent dans les effectifs En révélant que ce vivier de remplaçants serait disponible dès « les prochaines heures », le ministre aurait de facto démontré que ces enseignants faisaient déjà partie des effectifs, sans pour autant être affectés à des établissements. Selon l'analyse du Figaro, cette situation interroge directement sur la manière dont l'Éducation nationale gère ses personnels. Une partie de l'opinion publique a d'ailleurs retenu l'idée que ces professeurs remplaçants auraient été « payés à ne rien faire », une formulation qui, si elle est sans doute réductrice, traduit un malaise réel dans la communauté éducative. ## Une réponse à la pénurie structurelle Le contraste est d'autant plus frappant que, tout au long de l'année, les académies peinent à pourvoir les postes vacants. À la rentrée de septembre, au moins un professeur manquait à l'appel dans 65 établissements, selon les données citées par Le Figaro. Cette pénurie récurrente, qui touche particulièrement certaines disciplines et certains territoires, alimente depuis plusieurs années les tensions entre les rectorats, les syndicats enseignants et les familles. La capacité soudaine à mobiliser plusieurs milliers d'enseignants là où on les cherche habituellement pourrait sembler, à première lecture, paradoxale. ## Les limites d'une annonce politique Toutefois, la nature exacte de ces affectations reste à préciser. Le ministère n'a pas détaillé, à ce stade, la répartition géographique de ces remplaçants, ni la durée de leur mobilisation, ni les disciplines concernées. Par ailleurs, l'affectation de remplaçants en cours d'année scolaire pose des questions d'organisation : ces enseignants devront s'intégrer dans des classes dont les programmes ont déjà été entamés, avec des élèves souvent en situation de fragilité après plusieurs semaines sans cours. En effet, la continuité pédagogique, revendication centrale du mouvement lycéen, ne se décrète pas uniquement par le nombre de postes pourvus. ## Un enjeu de crédibilité institutionnelle Au-delà de la réponse immédiate à la crise, cette séquence pourrait peser sur la crédibilité de la gestion ministérielle. D'après plusieurs observateurs cités par Le Figaro, la communication autour de ce vivier de remplaçants risque d'alimenter le sentiment, déjà répandu dans l'opinion, d'une administration déconnectée des réalités de terrain. La question de fond — pourquoi ces enseignants n'étaient-ils pas affectés plus tôt ? — demeure, à ce stade, sans réponse officielle. Le ministère pourrait être amené à préciser sa méthode dans les jours à venir, alors que la mobilisation lycéenne, elle, ne montre pas de signe d'essoufflement.