Coûteux, «incompréhensible»... Le «tarif agent», cet avantage décrié au cœur d’un appel à la grève chez EDF

# Coûteux, «incompréhensible»… Le «tarif agent», cet avantage décrié au cœur d’un appel à la grève chez EDF Le gouvernement envisage de remettre en cause un ava
# Coûteux, «incompréhensible»… Le «tarif agent», cet avantage décrié au cœur d’un appel à la grève chez EDF
Le gouvernement envisage de remettre en cause un avantage historique du secteur de l’énergie : le «tarif agent», qui permet à environ 300.000 salariés et anciens salariés d’EDF et d’Engie de bénéficier d’une réduction sur leurs factures d’électricité et de gaz. Cette perspective a provoqué un vif mécontentement au sein des syndicats, qui ont déposé un préavis de grève à compter du mardi 21 juillet, avec une journée de mobilisation prévue le 15 septembre prochain.
## Un avantage né en 1946, aujourd’hui sous le feu des critiques
Selon des informations rapportées par *Le Figaro*, cet avantage remonte à la nationalisation de l’électricité et du gaz en 1946. Il s’agissait alors de compenser des conditions de travail jugées difficiles dans un secteur stratégique. Aujourd’hui, ce dispositif est vivement critiqué par la Cour des comptes, qui, dans un rapport sur «la gestion des ressources humaines d’EDF SA» publié la semaine dernière, appelle à une réforme de sa fiscalisation. Le gouvernement affirme avoir reçu une mise en demeure des Sages, l’incitant à agir sur ce dossier.
Le «tarif agent» concernerait environ 300.000 personnes, incluant les agents en activité et les retraités d’EDF, ainsi que ceux d’Engie. Le coût de cet avantage pour les finances publiques est régulièrement pointé du doigt, sans que des chiffres précis n’aient été officiellement communiqués. La Cour des comptes estime que ce dispositif, opaque dans son fonctionnement, représenterait une charge significative pour le système électrique national.
## Une mobilisation syndicale qui s’organise
Face à cette menace perçue comme une attaque contre leurs acquis sociaux, les syndicats ont rapidement réagi. L’intersyndicale a déposé un préavis de grève à partir de ce mardi 21 juillet et appelle à une journée de mobilisation le 15 septembre prochain. Alexandre Grillat, secrétaire général de la CFE-Energies, cité par *Le Figaro*, qualifie cette annonce de «provocation» et estime que «les électriciens et gaziers sont particulièrement en colère face à cette charge frontale contre leurs acquis sociaux».
Le timing de cette annonce, tombée au cœur de l’été, est également perçu comme une maladresse par les syndicats, qui y voient une tentative de passer en force pendant une période creuse. La mobilisation du 15 septembre s’annonce comme un test pour mesurer la capacité de l’intersyndicale à fédérer les agents autour de la défense de cet avantage historique.
## Un enjeu politique et budgétaire délicat
La question du «tarif agent» s’inscrit dans un contexte plus large de recherche d’économies budgétaires pour l’État. Alors que le gouvernement cherche à réduire les dépenses publiques, la fiscalisation de cet avantage apparaît comme une piste potentielle. Cependant, le sujet reste politiquement sensible, d’autant plus qu’EDF est déjà confrontée à des défis majeurs, notamment la relance du nucléaire et la transition énergétique.
La Cour des comptes, dans son rapport, souligne que cet avantage, non fiscalisé, représente une distorsion de concurrence et un manque à gagner pour l’État. Mais pour les syndicats, il s’agit d’un droit acquis, lié à l’histoire et aux spécificités du métier d’électricien et de gazier. Le gouvernement devra donc naviguer entre impératifs budgétaires et pression sociale, dans un dossier où chaque camp campe sur ses positions.