Côte d'Ivoire: à Abidjan, une parade à vélo pour réclamer des pistes cyclables

Côte d’Ivoire : à Abidjan, une parade à vélo pour réclamer des pistes cyclables Samedi 13 avril, plusieurs dizaines de cyclistes ont investi le boulevard Marie-
Côte d’Ivoire : à Abidjan, une parade à vélo pour réclamer des pistes cyclables
Samedi 13 avril, plusieurs dizaines de cyclistes ont investi le boulevard Marie-Thérèse Houphouët Boigny d’Abidjan pour une parade revendicative. Leur objectif, rapporté par RFI, était de réclamer la création de pistes cyclables dans la plus grande ville de Côte d’Ivoire, où l’unique infrastructure de ce type se limite à un tronçon le long du littoral.
Une mobilisation pour la sécurité des cyclistes
Selon les informations recueillies par RFI, les participants à cette parade ont défilé pacifiquement pour attirer l’attention des autorités sur les dangers quotidiens auxquels ils sont confrontés. En l’absence d’aménagements dédiés, les cyclistes abidjanais doivent en effet partager la route avec des véhicules motorisés, une situation qui pourrait sembler particulièrement risquée dans une métropole où la circulation est dense et souvent anarchique. Les manifestants, venus de divers quartiers de la capitale économique, portaient des pancartes et des banderoles appelant à la construction de voies sécurisées. Cette action s’inscrit dans un mouvement plus large de sensibilisation à la mobilité douce, qui gagne du terrain dans plusieurs villes africaines.
Un seul tronçon cyclable pour une métropole de plusieurs millions d’habitants
Le constat dressé par les cyclistes est sans appel : Abidjan, qui compte plus de cinq millions d’habitants, ne dispose que d’une piste cyclable, située le long du littoral. Cette unique infrastructure, longue de quelques kilomètres, serait insuffisante pour répondre aux besoins d’une population croissante qui se tourne de plus en plus vers le vélo comme moyen de transport alternatif. D’après des sources locales, l’absence de pistes cyclables constituerait un frein majeur au développement de la pratique, malgré les avantages environnementaux et sanitaires qu’elle pourrait offrir. Les cyclistes estiment que des aménagements supplémentaires permettraient non seulement de réduire les accidents, mais aussi de désengorger les axes routiers saturés de la ville.
Des revendications qui pourraient trouver un écho auprès des autorités
Cette parade intervient dans un contexte où les questions de mobilité urbaine sont de plus en plus débattues en Côte d’Ivoire. Le gouvernement ivoirien a, par le passé, manifesté son intérêt pour des solutions de transport plus durables, notamment à travers des projets de transports en commun. Cependant, la création de pistes cyclables ne semble pas encore figurer parmi les priorités affichées. Les organisateurs de la parade espèrent que cette mobilisation incitera les pouvoirs publics à intégrer le vélo dans leurs plans d’aménagement urbain. Ils pourraient également s’appuyer sur des exemples d’autres capitales africaines, comme Nairobi ou Kigali, où des réseaux cyclables ont été développés ces dernières années. L’enjeu est d’autant plus important que la pratique du vélo pourrait contribuer à réduire la pollution atmosphérique dans une ville où la qualité de l’air est régulièrement jugée préoccupante.
Vers une prise de conscience des enjeux de mobilité douce ?
Au-delà de la simple revendication d’infrastructures, cette parade à vélo reflète une évolution des mentalités chez une partie de la population abidjanaise. De plus en plus de citadins semblent prêts à adopter des modes de déplacement alternatifs, à condition que leur sécurité soit garantie. Les cyclistes présents samedi ont souligné que le vélo pourrait devenir un outil de transformation urbaine, à la fois économique et écologique. Toutefois, sans un engagement fort des autorités locales et nationales, la situation pourrait perdurer. L’avenir de cette revendication dépendra en grande partie de la capacité des associations de cyclistes à se faire entendre et à dialoguer avec les décideurs. La parade du 13 avril constitue une première étape dans ce processus, mais d’autres actions pourraient suivre si des avancées concrètes ne sont pas rapidement annoncées.