COP 17: «restaurer l'espoir» dans la lutte contre la désertification

La 17e conférence des parties (COP 17) de la Convention des Nations unies sur la lutte contre la désertification (CNULCD) s’ouvre ce lundi 17 août à Oulan-Bator
La 17e conférence des parties (COP 17) de la Convention des Nations unies sur la lutte contre la désertification (CNULCD) s’ouvre ce lundi 17 août à Oulan-Bator, en Mongolie, sous le thème « Restaurer les terres, restaurer l’espoir ». Ce rendez-vous international, qui se tient jusqu’au 28 août, intervient dans un contexte où la dégradation des sols affecte directement près de la moitié de la population mondiale, selon des données relayées par les organisations environnementales.
### Un rendez-vous planétaire aux enjeux critiques
D’après les informations rapportées par RFI, cette édition mongole de la COP constitue un moment charnière pour la diplomatie environnementale. La désertification, phénomène souvent relégué au second plan derrière le changement climatique ou la perte de biodiversité, touche pourtant des centaines de millions de personnes, principalement en Afrique subsaharienne, en Asie centrale et au Moyen-Orient. Les terres arables s’amenuisent, les ressources en eau se raréfient, et les populations les plus vulnérables voient leurs moyens de subsistance s’éroder année après année.
Le choix de la Mongolie comme pays hôte n’est pas anodin. Ce territoire, confronté à la fois à la désertification de ses steppes et à des hivers particulièrement rigoureux, illustre les défis auxquels sont confrontées de nombreuses nations. Selon des sources diplomatiques, les discussions devraient porter sur l’accélération des programmes de restauration des terres, la mobilisation de financements dédiés et le renforcement des mécanismes de coopération transfrontalière.
### Des objectifs chiffrés à concrétiser
Les engagements pris lors des précédentes COP, notamment ceux visant à atteindre la neutralité en matière de dégradation des terres d’ici 2030, seront au cœur des négociations. Cet objectif, inscrit dans les Objectifs de développement durable (ODD), implique de restaurer environ 1,5 milliard d’hectares de terres dégradées à l’échelle planétaire. Or, selon un rapport de la CNULCD publié en amont de la conférence, les progrès réalisés à ce jour restent très en deçà des attentes, avec un rythme de restauration estimé à moins de 20 % de la trajectoire requise.
Par ailleurs, la question des financements climatiques dédiés à l’adaptation des sols devrait également occuper une place prépondérante dans les débats. Les pays en développement, particulièrement exposés aux effets de la désertification, réclament un accès simplifié aux fonds verts internationaux. Selon des observateurs présents sur place, la délégation mongole aurait préparé plusieurs propositions concrètes visant à créer un fonds spécifique pour la restauration des écosystèmes arides.
### Une mobilisation diplomatique inédite
Cette COP 17 se distingue également par une participation diplomatique élargie. De nombreux chefs d’État et ministres de l’Environnement d’Afrique et d’Asie ont confirmé leur présence, signe d’une prise de conscience croissante de l’urgence à agir. La Grande Muraille verte africaine, projet phare de restauration des terres semi-arides au Sahel, devrait être citée comme modèle de réussite, bien que son avancement demeure hétérogène selon les pays concernés.
Toutefois, des voix s’élèvent pour rappeler que les déclarations d’intention ne suffisent plus. Selon des informations recueillies auprès d’ONG environnementales présentes à Oulan-Bator, les attentes sont immenses quant à la traduction concrète des engagements en plans d’action nationaux contraignants. La société civile appelle notamment à une meilleure inclusion des communautés locales, premières victimes mais aussi premières actrices de la restauration des sols.
### Perspectives et suites attendues
À l’issue de ces douze jours de négociations, les observateurs espèrent l’adoption d’une déclaration politique forte, accompagnée d’un calendrier précis de mise en œuvre. La question du suivi des engagements, via des indicateurs mesurables et vérifiables, pourrait constituer l’un des principaux points de friction entre États. Alors que la désertification s’accélère sous l’effet combiné des pressions agricoles et des aléas climatiques, cette COP 17 représente une opportunité — peut-être décisive — de restaurer non seulement les terres, mais également la confiance dans la coopération multilatérale.