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Contournant les États-Unis, l’Iran négocie la réouverture du détroit d’Ormuz avec Oman

Une · · Par Claire BERNARD

Contournant les États-Unis, l’Iran négocie la réouverture du détroit d’Ormuz avec Oman

La guerre déclenchée pour réduire le puissance de nuisance de l’Iran est sur le point de s’achever par un accord entérinant son droit de regard sur la navigatio

La guerre déclenchée pour réduire le puissance de nuisance de l’Iran est sur le point de s’achever par un accord entérinant son droit de regard sur la navigation dans le Golfe. Selon des informations rapportées par *Le Figaro*, les négociations en cours entre Téhéran et le sultanat d’Oman sur le partage du détroit d’Ormuz et sa réouverture au trafic maritime étaient présentées, hier, par les Iraniens comme étant proches d’aboutir. Ce dialogue bilatéral, qui se déroule sans que les Américains y soient directement impliqués, constitue le dernier épisode de cinq mois d’un étrange affrontement aérien et naval dans la région. ## Un accord de principe sur la quasi-totalité des questions « Un accord de principe a été trouvé sur la quasi-totalité des questions soulevées, y compris la carte des voies d’entrée et de sortie pour le trafic maritime », a déclaré mercredi le vice-ministre iranien des Affaires étrangères, Kazem Gharibabadi. Selon ses propos rapportés par le quotidien français, cet accord pourrait rester en vigueur pendant « deux à quatre mois », avant qu’un texte définitif ne soit adopté. Cette temporalité suggère une phase de transition destinée à tester la viabilité du dispositif sur le terrain, tout en laissant une marge de manœuvre aux parties prenantes pour ajuster les modalités pratiques. Le détroit d’Ormuz, par lequel transite environ 20 % de la consommation mondiale de pétrole, représente un point de passage stratégique majeur pour les approvisionnements énergétiques planétaires. La fermeture de cette voie navigable, intervenue dans le contexte du conflit, a provoqué des tensions sur les marchés pétroliers et des inquiétudes quant à la sécurité des approvisionnements. La réouverture progressive de cette route maritime constituerait donc un signal fort pour l’économie mondiale, même si les modalités exactes de ce retour à la normale demeurent encore floues. ## La question épineuse du droit de passage Toutefois, un point de friction majeur subsiste : l’intention de l’Iran de prélever un droit de passage, qui n’existait pas avant la guerre. Selon l’analyse du *Figaro*, cette exigence créerait un dangereux précédent dans le droit maritime international. En effet, le principe de libre passage dans les détroits utilisés pour la navigation internationale est garanti par la Convention des Nations unies sur le droit de la mer (CNUDM), signée en 1982. L’instauration d’une taxe unilatérale par Téhéran pourrait remettre en cause cet équilibre juridique et ouvrir la voie à d’autres revendications similaires dans des zones stratégiques comparables. Cette position iranienne intervient dans un contexte où la République islamique cherche à consolider ses acquis géopolitiques à l’issue du conflit. En négociant directement avec Oman, l’Iran contourne délibérément les États-Unis, qui avaient pourtant été à l’initiative de la campagne militaire visant à réduire sa capacité de nuisance. Cette stratégie diplomatique témoigne de la volonté de Téhéran de s’imposer comme un acteur incontournable de la sécurité régionale, sans passer par l’intermédiaire de Washington. ## Des négociations aux implications régionales étendues Le choix d’Oman comme partenaire de négociation n’est pas anodin. Le sultanat entretient historiquement des relations équilibrées avec l’ensemble des puissances du Golfe, y compris l’Iran, avec lequel il partage la gestion du détroit d’Ormuz. Mascate a souvent joué un rôle de médiateur dans les crises régionales, et sa position géographique en fait un interlocuteur naturel pour toute discussion relative à la navigation dans cette zone. Selon des sources proches du dossier, les autorités omanaises auraient accepté de jouer ce rôle de facilitateur tout en veillant à préserver leurs intérêts économiques et leur neutralité diplomatique. Par ailleurs, ces négociations pourraient avoir des répercussions sur l’équilibre des forces dans le Golfe. L’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis, qui avaient soutenu l’effort de guerre contre l’Iran, observent avec attention l’évolution de ces discussions. Une réouverture du détroit sous conditions iraniennes pourrait être perçue comme une victoire diplomatique de Téhéran, susceptible de redessiner les alliances régionales dans les mois à venir. Les monarchies du Golfe devront alors arbitrer entre la nécessité de garantir la liberté de navigation et la réalité d’un Iran renforcé sur la scène régionale. ## Perspectives d’une normalisation sous conditions Alors que l’accord de principe semble imminent, plusieurs incertitudes demeurent quant à la mise en œuvre effective de cette réouverture. La durée de validité provisoire de deux à quatre mois suggère que les parties prenantes souhaitent évaluer concrètement les conséquences de cet arrangement avant de le pérenniser. Les compagnies maritimes internationales, qui avaient réorienté une partie de leurs flux vers des routes alternatives, suivront avec attention les évolutions de ce dossier. La question du droit de passage devrait continuer d’alimenter les discussions techniques dans les prochaines semaines, tant elle touche à des principes fondamentaux du droit maritime international.