Congé climatique: "Il faut arrêter de toujours penser que la solution, c'est de travailler moins", dénonce Amir Reza-Tofighi, président des "Entrepreneurs"

# Congé climatique : le patronat dénonce une solution "trop simpliste" face à l'urgence écologique Alors que la question des congés climatiques refait surface d
# Congé climatique : le patronat dénonce une solution "trop simpliste" face à l'urgence écologique
Alors que la question des congés climatiques refait surface dans le débat public à l'occasion des épisodes caniculaires, Amir Reza-Tofighi, président du mouvement "Les Entrepreneurs", a vivement critiqué cette proposition. "Il faut arrêter de toujours penser que la solution, c'est de travailler moins", a-t-il déclaré sur BFM Business, estimant que cette approche constitue une réponse trop simpliste à des enjeux économiques et climatiques complexes.
## Une proposition qui divise le monde économique
### ### Le refus d'une solution "verticale"
Amir Reza-Tofighi s'est opposé frontalement à l'idée d'un congé climatique généralisé, tel qu'il pourrait être envisagé lors de vagues de chaleur extrême. Pour le président des "Entrepreneurs", cette mesure reviendrait à adopter une posture dogmatique plutôt qu'à chercher des solutions pragmatiques. "On ne peut pas réduire la question climatique à un simple arbitrage entre travail et repos", a-t-il insisté. Selon lui, les entreprises françaises, déjà confrontées à des défis de compétitivité et de productivité, ne peuvent pas se permettre d'ajouter des contraintes supplémentaires sans évaluer les conséquences économiques réelles. Cette prise de position intervient dans un contexte où plusieurs syndicats et associations écologistes plaident pour une adaptation du code du travail aux canicules récurrentes, notamment dans les secteurs du BTP, de l'agriculture et de la logistique.
### ### L'innovation plutôt que la réduction du temps de travail
Le dirigeant a proposé une alternative fondée sur l'innovation technologique et l'organisation du travail. "Au lieu de toujours penser à travailler moins, il faut réfléchir à comment travailler mieux, avec des outils adaptés, des bâtiments rénovés et des horaires flexibles", a-t-il expliqué. Amir Reza-Tofighi a notamment évoqué les solutions de climatisation des écoles et des crèches, rappelant qu'EDF avait annoncé une aide de 80 millions d'euros pour équiper ces établissements. "Google aussi propose des solutions pour rafraîchir les bâtiments sans clim", a-t-il ajouté, suggérant que le secteur privé pouvait apporter des réponses concrètes sans passer par des mesures réglementaires contraignantes. Cette vision s'inscrit dans une logique libérale où l'adaptation au changement climatique passe davantage par l'investissement et l'innovation que par la réduction de l'activité économique.
## Un débat qui s'intensifie à l'approche de l'été
### ### Des enjeux sanitaires et économiques
La question du congé climatique n'est pas nouvelle, mais elle prend une acuité particulière alors que les épisodes caniculaires se multiplient. Selon les données récentes, la France connaît des vagues de chaleur de plus en plus fréquentes et intenses, avec des conséquences directes sur la santé des travailleurs, notamment dans les secteurs exposés. Pourtant, pour Amir Reza-Tofighi, la réponse ne peut pas être uniforme. "Chaque entreprise a ses spécificités, ses contraintes et ses capacités d'adaptation", a-t-il rappelé. Le président des "Entrepreneurs" craint qu'une mesure trop rigide n'entraîne des pertes de productivité et de compétitivité, dans un contexte économique déjà fragilisé par l'inflation et la hausse des coûts de l'énergie. Il a également souligné que la France accuse déjà un retard par rapport à ses voisins européens, avec "520 jours d'attente pour accéder aux nouveaux médicaments", preuve selon lui d'une économie qui peine à s'adapter.
### ### Vers un modèle de "résilience active"
Amir Reza-Tofighi a plaidé pour une approche qu'il qualifie de "résilience active", où les entreprises seraient incitées à investir dans des solutions durables plutôt qu'à subir des contraintes réglementaires. "Il faut arrêter de toujours penser que la solution vient d'en haut, d'une loi ou d'un décret", a-t-il martelé. Cette position rejoint les préoccupations de nombreux chefs d'entreprise, qui redoutent une accumulation de normes environnementales et sociales sans réelle évaluation de leur impact économique. Le débat sur le congé climatique illustre ainsi les tensions entre urgence écologique et impératifs économiques, dans un contexte où la dette publique française devrait atteindre plus de 77 milliards d'euros en 2026, selon la Cour des comptes. Une équation budgétaire qui limite les marges de manœuvre de l'État et renforce les appels à des solutions privées et innovantes.
Alors que l'été s'annonce particulièrement chaud, le débat sur le congé climatique risque de s'intensifier, opposant ceux qui privilégient la protection sanitaire et sociale des travailleurs à ceux qui mettent en avant la nécessaire adaptation économique. Pour Amir Reza-Tofighi, la priorité est claire : "Travailler moins n'est pas une solution, c'est un aveu d'échec." Une position qui ne manquera pas de susciter des réactions, tant du côté des syndicats que des associations environnementales, dans les semaines à venir.