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Confrontés à l’agressivité russe, les Européens remettent en question la notion de «guerre hybride»

Une · · Par Claire BERNARD

Confrontés à l’agressivité russe, les Européens remettent en question la notion de «guerre hybride»

La nature de la confrontation entre la Russie et les pays européens connaîtrait une évolution sémantique et stratégique majeure. Selon un article du Figaro publ

La nature de la confrontation entre la Russie et les pays européens connaîtrait une évolution sémantique et stratégique majeure. Selon un article du Figaro publié le 2 septembre 2026, la multiplication des actions menées par Moscou contre le continent inciterait désormais les états-majors à abandonner le terme de « guerre hybride », jugé trop réducteur face à la gravité des menaces constatées. ## Une sémantique en pleine mutation au sein des états-majors Le vocabulaire utilisé par les responsables militaires et du renseignement européens semblerait être en train de changer profondément. D'après les informations rapportées par Le Figaro, l'époque où les actions russes étaient pudiquement qualifiées d'« hybrides » afin d'en modérer la gravité serait bientôt révolue. Cette évolution terminologique ne serait pas anodine : elle traduirait une prise de conscience collective face à l'intensité réelle des opérations déstabilisatrices orchestrées par la Russie sur le sol européen. Le mois d'août 2026 aurait marqué un tournant décisif dans cette prise de conscience. L'Allemagne aurait en effet dénoncé officiellement une tentative d'attentat attribuée à la Russie visant l'aéroport de Leipzig. Cet événement, rapporté par le quotidien français, constituerait une étape significative dans la manière dont les gouvernements européens perçoivent désormais les actions hostiles de Moscou. La qualification de simple « guerre hybride » ne semblerait plus adaptée à la réalité des faits observés sur le terrain. ## Des responsables du renseignement qui durcissent leur discours Le chef du renseignement estonien, Kaupo Rosin, aurait également choisi d'adopter une terminologie beaucoup plus ferme pour caractériser les agissements russes. Selon des propos rapportés par un média balte et cités par Le Figaro, il accuserait ouvertement Moscou de « terrorisme d'État ». Cette déclaration marquerait une rupture nette avec le langage diplomatique habituellement employé dans ce type de dossiers sensibles. « Je suis quelque peu sceptique quant au terme "hybride". Il a, d'une certaine manière, une connotation "molle" et "marginale", alors même que nous parlons en réalité d'activités très sérieuses », aurait confié Kaupo Rosin. Ces propos illustreraient un malaise croissant parmi les professionnels du renseignement et de la défense européens, qui estimeraient que le vocabulaire actuel ne rendrait pas suffisamment compte de la dangerosité réelle des menaces pesant sur le continent. Cette position estonienne ne serait pas isolée. Elle s'inscrirait dans un mouvement plus large de réflexion au sein des institutions européennes et de l'OTAN sur la manière de qualifier et de contrer les actions hostiles russes. La rencontre entre le secrétaire général de l'OTAN, Mark Rutte, et la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, le 2 septembre 2026, aurait d'ailleurs pu servir de cadre à ces échanges stratégiques. ## Une remise en question des cadres traditionnels de la conflictualité En modifiant les termes du débat, les responsables militaires européens imposeraient une réflexion nouvelle sur les modalités de riposte. Selon l'analyse développée par Le Figaro, la distinction traditionnelle entre la guerre et la paix se serait déjà effacée face aux méthodes employées par la Russie. Désormais, la frontière entre l'affrontement se situant en dessous ou au-dessus du seuil du conflit armé conventionnel tendrait également à disparaître progressivement. Cette évolution conceptuelle aurait des implications concrètes majeures pour la préparation des armées européennes. Si les actions russes ne sont plus considérées comme de simples opérations hybrides mais comme des actes relevant potentiellement du terrorisme d'État ou d'agressions directes, les protocoles de réponse devraient être entièrement repensés. Les mécanismes de défense collective prévus par l'article 5 du traité de l'OTAN pourraient ainsi être activés dans des circonstances jusqu'alors considérées comme relevant de la zone grise. Le constat général établi par les observateurs serait sans appel : le combat serait d'ores et déjà engagé, même si les formes qu'il revêt échapperaient encore aux cadres juridiques et doctrinaux traditionnels. Cette situation inciterait les états-majors européens à développer de nouvelles doctrines et de nouveaux outils de réponse, adaptés à une conflictualité dont les contours demeurent flous mais dont l'intensité ne cesse de croître.