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Comment Raphaël Glucksmann compte récupérer 15 milliards d’euros par an en taxant les « méga-héritages »

Une · · Par Claire BERNARD

Comment Raphaël Glucksmann compte récupérer 15 milliards d’euros par an en taxant les « méga-héritages »

Le candidat de Place publique à l’élection présidentielle, Raphaël Glucksmann, a dévoilé dimanche soir sur TF1 un projet fiscal d’envergure visant à prélever 15

Le candidat de Place publique à l’élection présidentielle, Raphaël Glucksmann, a dévoilé dimanche soir sur TF1 un projet fiscal d’envergure visant à prélever 15 milliards d’euros supplémentaires par an sur les « méga-héritages ». Cette mesure, présentée comme un « effort fiscal nouveau, ciblé sur les très hauts patrimoines », s’inscrit dans un programme plus large de lutte contre l’optimisation fiscale des grandes fortunes et des grands groupes. ## Un dispositif pensé pour cibler les transmissions les plus élevées Selon des informations rapportées par Le Figaro, le dispositif envisagé par l’eurodéputé social-démocrate reposerait sur une refonte de la fiscalité successorale actuelle. L’objectif affiché serait de concentrer l’effort sur les transmissions patrimoniales les plus conséquentes, sans toucher aux héritages de la classe moyenne. D’après le quotidien, cette proposition s’inscrirait dans la lignée des « 42 chantiers prioritaires » présentés par l’équipe de campagne en juin dernier, document qui résume leur « vision pour la France ». Le rendement attendu de 15 milliards d’euros par an placerait cette mesure parmi les plus ambitieuses du programme fiscal du candidat. L’entourage de Raphaël Glucksmann aurait précisé que ce dispositif viserait spécifiquement les transmissions dépassant un certain seuil, dont le montant exact n’a pas encore été officiellement communiqué. Les modalités techniques de mise en œuvre, notamment la progressivité des taux applicables, feraient actuellement l’objet de travaux au sein de l’équipe de campagne. Le Figaro souligne que cette proposition s’inscrit dans un contexte de réflexion plus large sur la justice fiscale, alors que les débats sur le financement des services publics et la réduction des déficits animent la campagne. ## Une annonce qui s’inscrit dans une stratégie électorale assumée La déclaration de Raphaël Glucksmann intervient dans un calendrier politique précis. Le chef de file de Place publique, parti proche du Parti socialiste, a officialisé sa candidature à la primaire sociale-démocrate dimanche, après des mois de précampagne ponctuée de déplacements et de meetings à travers la France. La publication récente d’un livre et d’une ébauche de programme viserait à structurer son offre politique avant l’échéance électorale. Cette proposition fiscale sur les héritages s’inscrirait dans une stratégie de différenciation vis-à-vis des autres candidats de gauche, en misant sur un marqueur social fort. Par ailleurs, ce projet s’accompagnerait d’autres mesures destinées à « contrer l’optimisation fiscale » des très hauts patrimoines et des grands groupes, selon les termes employés dans le programme du candidat. L’équipe de campagne évoque notamment un renforcement des moyens de l’administration fiscale et une harmonisation des règles au niveau européen. Ces propositions s’inscrivent dans un contexte où la question de la justice sociale et de la répartition des richesses occupe une place centrale dans le débat public, à l’approche du scrutin présidentiel. ## Un débat relancé sur la fiscalité du patrimoine en France Cette annonce relance le débat sur la fiscalité du patrimoine en France, sujet sensible qui avait déjà marqué les précédentes campagnes présidentielles. Les discussions autour de l’ISF, supprimé en 2018, et les débats récurrents sur l’imposition des successions témoignent de la permanence de cette question dans le paysage politique français. Selon des sources proches du dossier, les discussions sur ce dispositif pourraient alimenter les échanges entre les différents candidats de gauche dans les semaines à venir, chacun cherchant à positionner sa proposition sur l’échiquier politique. Les modalités précises de ce dispositif, notamment les seuils d’imposition et les taux applicables, devraient être détaillées dans les prochaines semaines par l’équipe de campagne. Le rendement attendu de 15 milliards d’euros par an, s’il était confirmé, représenterait une part significative des recettes fiscales de l’État, qui s’élevaient à environ 300 milliards d’euros en 2025. Cette mesure, si elle était mise en œuvre, modifierait sensiblement l’équilibre actuel de la fiscalité successorale française, parmi les plus faibles d’Europe pour les très gros patrimoines selon certaines études comparatives.