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"Comment on change une personnalité comme ça ?" À la cour criminelle du Gard, une vie sous l’emprise de la pédocriminalité

Une · · Par Claire BERNARD

## Une vie sous l’emprise de la pédocriminalité : le procès d’Olivier Crambes devant la cour criminelle du Gard C’est une affaire qui interroge autant la justic

## Une vie sous l’emprise de la pédocriminalité : le procès d’Olivier Crambes devant la cour criminelle du Gard C’est une affaire qui interroge autant la justice que la psyché humaine. Depuis le début de la semaine, la cour criminelle du Gard, siégeant à Nîmes, examine le dossier d’Olivier Crambes, 66 ans, docteur en pharmacie, poursuivi pour le viol d’un enfant de neuf ans survenu à Beaucaire. Selon les informations rapportées par Midi Libre, l’homme, père de famille, a décrit devant les magistrats une obsession pour la nudité qui remonterait à ses douze ans, posant la question vertigineuse de la construction d’une personnalité criminelle sur plusieurs décennies. ## Un profil singulier, une obsession précoce D’après les éléments relayés par le quotidien régional, Olivier Crambes n’est pas un inconnu des institutions : docteur en pharmacie, il exerçait une profession de santé, un statut qui contraste avec la gravité des faits reprochés. L’intéressé aurait expliqué aux magistrats que son attirance pour la nudité, notamment celle des enfants, se serait manifestée dès l’âge de douze ans. Cette révélation, si elle était confirmée, dessinerait une trajectoire criminelle s’étalant sur plus d’un demi-siècle, bien avant les faits de Beaucaire qui l’ont conduit devant la cour criminelle. Les experts devront se prononcer sur la notion d’emprise, centrale dans ce type de dossier. ## La question de la responsabilité et de l’expertise Cependant, la justice ne se satisfait pas d’une simple confession biographique. La cour criminelle du Gard devra trancher sur la responsabilité pénale d’un homme dont le parcours interroge la détection des troubles de la sexualité en amont. En effet, la profession de pharmacien confère une place particulière dans la cité, fondée sur la confiance et l’accès aux produits de santé. Les magistrats devront également mesurer si l’obsession décrite relève d’une pathologie ou d’une construction délibérée, une distinction lourde de conséquences juridiques. Selon des sources judiciaires citées par Midi Libre, l’audience doit permettre d’éclairer les circonstances exactes du viol reproché à Beaucaire. ## Le procès, un miroir des failles institutionnelles Par ailleurs, ce dossier relance le débat sur la prévention des violences sexuelles sur mineurs. La question posée par l’accusé lui-même — « Comment on change une personnalité comme ça ? » — renvoie à l’efficacité des dispositifs de suivi psychologique et de signalement. Toutefois, aucune réponse simple ne saurait émerger d’un prétoire. Les associations de protection de l’enfance rappellent régulièrement que la majorité des agressions survient dans l’entourage proche, ce qui complexifie la détection. Dans le cas présent, l’écart entre le statut social de l’accusé et la nature des faits pourrait nourrir une réflexion plus large sur les angles morts des institutions sanitaires et éducatives. ## Une attente de vérité judiciaire Le verdict de la cour criminelle du Gard, attendu dans les prochains jours, ne clora pas à lui seul le débat sur les mécanismes de l’emprise et de la récidive. Il apportera néanmoins une réponse judiciaire à une victime de neuf ans au moment des faits, dont l’identité reste protégée. Au-delà du cas individuel, ce procès pourrait alimenter la réflexion sur les moyens d’identifier, bien plus tôt, les trajectoires à risque. Une perspective qui, en l’état actuel des dispositifs, demeure incomplète.