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Comment les attaques de l’Ukraine sur les géants du e-commerce Wildberries et Ozon déstabilisent l’économie russe

Une · · Par Claire BERNARD

Comment les attaques de l’Ukraine sur les géants du e-commerce Wildberries et Ozon déstabilisent l’économie russe

L’été 2026 restera marqué par une série d’attaques de drones ukrainiens visant les infrastructures logistiques des deux principaux géants du commerce en ligne r

L’été 2026 restera marqué par une série d’attaques de drones ukrainiens visant les infrastructures logistiques des deux principaux géants du commerce en ligne russe, Wildberries et Ozon. Selon un article du *Figaro* publié le 25 août 2026, ces frappes, qui ont débuté le 18 juillet, ciblent des sites stratégiques que Kiev accuse d’approvisionner l’armée de Vladimir Poutine. Au-delà des dégâts matériels considérables, ces bombardements semblent révéler une nouvelle dimension du conflit, où la guerre économique et logistique prend le pas sur les seuls affrontements militaires. ## Une campagne de frappes d’une ampleur inédite D’après les informations rapportées par le correspondant à Moscou du *Figaro*, Alain Barluet, vingt-trois centres de distribution de Wildberries ont été touchés entre le 18 juillet et la fin du mois d’août 2026. Ces installations, réparties de Krasnodar dans le sud de la Russie jusqu’à la banlieue de Moscou, en passant par Saint-Pétersbourg et Iekaterinbourg, dans l’Oural, à plus de 1 700 kilomètres de la frontière ukrainienne, ont subi des frappes d’une précision remarquable. Trois de ces sites ont été entièrement réduits en cendres, tandis que les images de hangars en proie aux flammes ont marqué les esprits des Russes durant tout l’été. Selon les données citées par le quotidien français, ces bombardements auraient fait au moins neuf morts et de nombreux blessés parmi les employés et les riverains. Le week-end précédant la publication de l’article, un autre mastodonte du secteur, Ozon, a également été visé dans les régions de Samara, Orenbourg et Krasnodar. Dans cette dernière région, trois adolescents auraient été tués par des débris de drones, selon les autorités locales. Cette extension des cibles suggère une stratégie délibérée de la part des forces ukrainiennes, qui semblent vouloir frapper l’ensemble de l’écosystème logistique russe plutôt que des points isolés. ## L’e-commerce russe, pilier économique sous tension Wildberries n’est pas un acteur anodin dans l’économie russe. Selon les éléments fournis par le *Figaro*, cette plateforme concentre à elle seule près de la moitié du commerce en ligne du pays, avec environ sept millions de commandes traitées chaque jour. Une paralysie, même partielle, de ses centres de distribution pourrait avoir des répercussions majeures sur la consommation intérieure, déjà fragilisée par les sanctions occidentales et l’inflation. Les analystes économiques interrogés par le quotidien français estiment que chaque jour d’arrêt d’un entrepôt majeur entraîne des pertes chiffrées en centaines de millions de roubles, sans compter l’effet domino sur les milliers de vendeurs tiers qui dépendent de ces plateformes pour écouler leurs produits. Par ailleurs, Kiev justifie ces frappes en accusant Wildberries et Ozon de participer indirectement à l’effort de guerre russe. Selon les services de renseignement ukrainiens, cités par le *Figaro*, ces entreprises logistiques seraient utilisées pour acheminer du matériel destiné aux forces armées russes, notamment des équipements électroniques et des composants nécessaires à la production militaire. Une accusation que les deux sociétés démentent formellement, affirmant n’avoir aucun lien contractuel avec le ministère de la Défense russe. ## Une riposte russe entre déni et renforcement sécuritaire Face à cette vague d’attaques sans précédent, les autorités russes semblent osciller entre minimisation des faits et mesures de protection accrues. Le ministère de la Défense russe, dans des communiqués relayés par l’agence TASS, affirme que la plupart des drones ont été interceptés avant d’atteindre leurs cibles, une version contredite par les images et les témoignages locaux. Toutefois, des sources gouvernementales citées par le *Figaro* indiquent que des mesures de sécurité renforcées ont été déployées autour des principaux sites logistiques, avec notamment l’installation de systèmes de brouillage électronique et la mobilisation d’unités de défense antiaérienne supplémentaires. En parallèle, Wildberries a annoncé, dans un communiqué rapporté par le quotidien français, la création d’un fonds d’indemnisation pour les familles des victimes et le lancement d’un plan de reconstruction accéléré de ses entrepôts détruits. Ce plan, dont le coût est estimé à plusieurs dizaines de milliards de roubles, pourrait toutefois se heurter à des pénuries de matériaux de construction et de main-d’œuvre qualifiée, déjà mises à rude épreuve par les besoins de la reconstruction dans les régions frontalières. ## Vers une guerre logistique durable ? Cette campagne de frappes contre les infrastructures civiles de l’e-commerce russe semble marquer une étape supplémentaire dans la stratégie ukrainienne, qui chercherait à affaiblir l’économie russe dans sa globalité plutôt que de se limiter aux seuls objectifs militaires. Selon des experts en géopolitique cités par le *Figaro*, cette approche pourrait s’inscrire dans la durée, d’autant plus que les drones utilisés ont démontré leur capacité à atteindre des cibles situées à plus de 1 500 kilomètres de la frontière. La vulnérabilité des chaînes logistiques russes, longtemps considérées comme un point fort du régime, apparaît désormais comme une faiblesse exploitable. Toutefois, l’impact réel de ces attaques sur le moral de la population russe et sur la capacité de Moscou à poursuivre son effort de guerre reste difficile à évaluer. Les enquêtes d’opinion menées par des instituts indépendants, rapportées par le quotidien français, suggèrent que la majorité des Russes perçoivent ces frappes comme un acte de terrorisme, renforçant plutôt qu’affaiblissant le soutien au Kremlin. Dans ce contexte, la guerre logistique menée par Kiev pourrait avoir des effets contre-productifs, en consolidant un front intérieur russe que les sanctions économiques n’avaient pas réussi à fissurer.