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«Collusion avec l’extrême gauche» : Bruno Retailleau dénonce la présence d’un juge du Syndicat de la magistrature à une conférence de presse de LFI

Une · · Par Claire BERNARD

«Collusion avec l’extrême gauche» : Bruno Retailleau dénonce la présence d’un juge du Syndicat de la magistrature à une conférence de presse de LFI

«Collusion avec l’extrême gauche» : Bruno Retailleau dénonce la présence d’un juge du Syndicat de la magistrature à une conférence de presse de LFI Le ministre

«Collusion avec l’extrême gauche» : Bruno Retailleau dénonce la présence d’un juge du Syndicat de la magistrature à une conférence de presse de LFI

Le ministre de l’Intérieur, Bruno Retailleau, a vivement réagi, ce samedi 19 juillet 2026, à la participation d’un magistrat du Syndicat de la magistrature (SM) à une conférence de presse organisée par le groupe parlementaire de La France Insoumise (LFI). Selon des informations rapportées par Le Figaro, cette intervention, qui s’est déroulée jeudi, a suscité une polémique sur les liens supposés entre une partie de l’institution judiciaire et la gauche radicale.

Une conférence de presse sous tension

Stéphane Fischesser, secrétaire national du Syndicat de la magistrature et juge à la cour d’appel de Paris, a pris la parole lors d’une conférence de presse intitulée «Non au permis de tuer XXL !». Celle-ci visait à dénoncer l’adoption en première lecture, le 7 juillet, d’une proposition de loi «visant à reconnaître une présomption de légitime défense pour les forces de l’ordre, dans l’exercice de leurs fonctions». Le texte, porté par la majorité parlementaire, a été perçu par LFI et plusieurs organisations comme un «permis de tuer» accordé aux policiers et gendarmes. La séance à l’Assemblée nationale avait d’ailleurs été marquée par des heurts, des cris de «fascistes» et «racistes» fusant depuis les bancs de la gauche, tandis qu’Assa Traoré, sœur d’Adama Traoré, avait été évacuée après avoir scandé des slogans depuis les tribunes.

La réaction de Bruno Retailleau

Bruno Retailleau a dénoncé ce qu’il qualifie de «collusion avec l’extrême gauche». Dans un communiqué relayé par plusieurs médias, le ministre a estimé que la présence d’un magistrat en exercice à une telle réunion politique constituait une «atteinte à la nécessaire impartialité de la justice». «Il est inacceptable qu’un juge, censé incarner la neutralité de l’État, participe à une conférence de presse d’un parti politique qui appelle ouvertement à la désobéissance civile et à la remise en cause de l’autorité de l’État», a-t-il déclaré. Le ministre a également rappelé que le Syndicat de la magistrature, bien que représentatif d’une partie des magistrats, ne saurait engager l’ensemble de la profession dans des prises de position partisanes.

Un syndicat régulièrement critiqué

Le Syndicat de la magistrature, fondé en 1968, est souvent qualifié de «syndicat de gauche» par ses détracteurs. Il a régulièrement été accusé par des responsables politiques de droite et d’extrême droite de prendre des positions militantes, notamment sur les questions de sécurité et de justice. Stéphane Fischesser, en tant que secrétaire national, avait déjà appelé à manifester contre la proposition de loi sur la légitime défense, un geste que Bruno Retailleau avait alors jugé «contraire à la réserve qui s’impose à tout magistrat». Cette nouvelle intervention relance le débat sur la frontière entre l’engagement syndical et la neutralité judiciaire.

Des implications pour le débat public

Cette polémique intervient alors que la proposition de loi sur la présomption de légitime défense poursuit son parcours législatif. Le texte, adopté en première lecture, doit encore être examiné au Sénat. Pour ses partisans, il s’agit de mieux protéger les forces de l’ordre face à des agressions de plus en plus fréquentes. Pour ses opposants, il s’agit d’un recul des droits fondamentaux et d’une normalisation de la violence policière. La participation d’un magistrat à une conférence de presse de LFI pourrait, selon certains observateurs, renforcer la perception d’une justice politisée, tandis que d’autres y voient l’expression légitime d’un syndicat défendant ses convictions. L’affaire pourrait également avoir des conséquences internes au sein du Syndicat de la magistrature, dont la direction pourrait être sommée de clarifier sa position sur la neutralité politique de ses membres.