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Colère lycéenne : Éric Ciotti demande la «révocation» du maire de Saint-Denis Bally Bagayoko

Une · · Par Claire BERNARD

Colère lycéenne : Éric Ciotti demande la «révocation» du maire de Saint-Denis Bally Bagayoko

Selon des informations rapportées par Le Figaro, le maire UDR de Nice, Éric Ciotti, a demandé mardi la « révocation » par le Conseil des ministres du maire LFI

Selon des informations rapportées par Le Figaro, le maire UDR de Nice, Éric Ciotti, a demandé mardi la « révocation » par le Conseil des ministres du maire LFI de Saint-Denis, Bally Bagayoko, dans un contexte de tensions croissantes autour des violences lycéennes. ## Une demande de révocation inédite D'après Le Figaro, Éric Ciotti a souligné que le Conseil des ministres dispose de la « faculté » de prendre ce type de mesure « quand un maire trahit sa charge ». Le maire de Nice a explicitement visé Bally Bagayoko, l'accusant d'« inciter et attiser la violence, alors qu'il est officier de police judiciaire et le représentant de l'État ». Cette demande, formulée publiquement, intervient dans un contexte politique particulièrement tendu, à quelques mois d'échéances électorales majeures. Selon la même source, Éric Ciotti a également affirmé que si La France insoumise accédait au pouvoir, « nous serions immédiatement dans une dictature sanguinaire ». ## Une saisine judiciaire en amont Par ailleurs, le préfet de police de Paris, Patrice Faure, a saisi la semaine dernière la justice contre Bally Bagayoko pour « des faits présumés de provocation à commettre un délit », rapporte Le Figaro. Cette saisine fait suite à des propos tenus par l'édile insoumis, qui avait estimé que « la violence, à un moment donné, peut être légitime », avant de nuancer : « Mais chaque fois qu'on peut l'éviter, c'est mieux ». Ces déclarations, intervenues dans un climat de colère lycéenne, ont suscité une vive controverse au sein de la classe politique et de l'appareil d'État. La procédure judiciaire engagée par le préfet pourrait conduire à des poursuites si les faits étaient confirmés. ## Un climat politique sous tension Éric Ciotti a également douté « de la sincérité de la colère de Sébastien Lecornu », selon des propos rapportés par Le Figaro. Cette prise de position s'inscrit dans un contexte où les tensions entre l'exécutif et certaines collectivités dirigées par LFI se sont intensifiées ces derniers mois. La question de la révocation d'un maire par le Conseil des ministres reste toutefois un mécanisme rarement activé, réservé à des situations exceptionnelles. D'après des sources gouvernementales citées par le quotidien, la procédure demeure encadrée par des conditions strictes, notamment la trahison de charge ou des manquements graves aux obligations républicaines. ## Des implications institutionnelles à mesurer Toutefois, la demande d'Éric Ciotti pourrait se heurter à des obstacles juridiques et politiques. En effet, la révocation d'un maire élu par le Conseil des ministres constitue une mesure exceptionnelle qui, dans l'histoire récente de la Ve République, n'a été que très rarement appliquée. Selon des juristes spécialisés en droit public, une telle décision nécessiterait des éléments probants et une procédure contradictoire rigoureuse. La saisine du préfet de police pourrait, quant à elle, servir de base à une éventuelle action disciplinaire ou pénale, mais son issue reste incertaine à ce stade. Cette affaire illustre la montée des tensions entre le gouvernement et certaines municipalités d'opposition, dans un contexte où les violences urbaines et lycéennes alimentent un débat national sur l'autorité et la sécurité. Les prochaines semaines devraient permettre de mesurer l'ampleur des suites judiciaires et politiques réservées à cette requête.