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Cinq pays européens appellent à diminuer «de plusieurs centaines de milliards d’euros» le prochain budget de l’UE

Une · · Par Claire BERNARD

Cinq pays européens appellent à diminuer «de plusieurs centaines de milliards d’euros» le prochain budget de l’UE

Cinq États membres de l'Union européenne, réputés pour leur rigueur budgétaire, ont publiquement exprimé leur opposition aux ambitions financières de Bruxelles

Cinq États membres de l'Union européenne, réputés pour leur rigueur budgétaire, ont publiquement exprimé leur opposition aux ambitions financières de Bruxelles pour la période 2028-2034. Selon une tribune relayée par Politico et rapportée par Le Figaro, les chefs de gouvernement de l'Allemagne, de l'Autriche, des Pays-Bas, de la Finlande et du Danemark estiment que le prochain cadre budgétaire pluriannuel doit être revu à la baisse, et ce « de plusieurs centaines de milliards d'euros ». ## Une ambition budgétaire jugée « pas réaliste » La Commission européenne avait présenté en juillet dernier un projet de budget pluriannuel prévoyant près de 2 000 milliards d'euros de dépenses sur sept ans. Ce montant représenterait une hausse d'environ 60 % par rapport à l'enveloppe qui a couvert la période 2021-2027. D'après les éléments rapportés par Le Figaro, cette trajectoire est jugée « pas réaliste » par les cinq signataires de la tribune, qui plaident pour un resserrement significatif des engagements financiers de l'Union. La répartition envisagée par la Commission inclurait notamment près de 865 milliards d'euros dédiés aux politiques régionales et agricoles, ainsi que 409 milliards d'euros orientés vers la compétitivité, la recherche et l'innovation. Ces postes de dépenses, structurants pour de nombreux États membres, pourraient être directement concernés par les coupes réclamées. ## Le retour en force des États « frugaux » Cette prise de position s'inscrit dans une tradition bien ancrée au sein de ce que l'on appelle communément le groupe des États « frugaux ». Ces pays, connus pour leur orthodoxie budgétaire, avaient déjà marqué leur opposition lors des négociations du cadre financier précédent et lors des discussions sur les plans de relance post-Covid. Leur argumentaire repose sur la nécessité de préserver la discipline budgétaire face à des besoins de financement croissants. La tribune, signée notamment par le chancelier allemand Friedrich Merz, intervient dans un contexte où les discussions sur le prochain cadre financier doivent s'intensifier. Selon des sources européennes citées par plusieurs médias, les négociations pourraient s'étendre sur plusieurs mois, chaque État membre cherchant à préserver ses priorités nationales. ## Des négociations à fort enjeu politique L'enjeu dépasse la seule question comptable. Le budget pluriannuel de l'Union constitue l'instrument central de la solidarité européenne et du financement des grandes politiques communes, qu'il s'agisse de la politique agricole commune, de la cohésion territoriale ou des investissements dans la transition écologique et numérique. Une réduction de plusieurs centaines de milliards d'euros pourrait, selon plusieurs analystes, fragiliser la capacité de l'Union à répondre aux défis structurels des prochaines années. Toutefois, les positions des cinq pays signataires ne sont pas nécessairement partagées par l'ensemble des Vingt-Sept. D'autres États, notamment ceux bénéficiant le plus des fonds de cohésion, pourraient défendre le maintien, voire le renforcement, des enveloppes proposées. La Commission européenne, de son côté, n'a pas encore réagi publiquement à cette tribune. La suite des discussions s'annonce déterminante pour l'équilibre financier de l'Union à l'horizon 2034, alors que les besoins d'investissement dans la défense, l'énergie et les technologies critiques pourraient peser lourdement sur les arbitrages à venir.