Cinq distributeurs disparaissent chaque jour: les Français utilisent toujours moins de cash (mais tout le monde peut retirer à moins de quinze minutes de chez soi)

# La France perd cinq distributeurs de billets par jour : le cash recule mais reste accessible La France a vu disparaître près de 1.800 distributeurs automatiqu
# La France perd cinq distributeurs de billets par jour : le cash recule mais reste accessible
La France a vu disparaître près de 1.800 distributeurs automatiques de billets (DAB) en 2024, soit une baisse de 4,2 % du parc national, selon le rapport annuel du Comité national des moyens de paiement (CNMP), présidé par la Banque de France. Ce recul, qui s'inscrit dans une tendance amorcée depuis plusieurs années, reflète à la fois la diminution de l'usage du cash dans les transactions quotidiennes et la volonté des banques de réduire leurs coûts de gestion des espèces. Pourtant, selon l'institution, cette contraction ne compromet pas l'accès aux liquidités : 99 % des Français résideraient à moins de quinze minutes d'un point de retrait, qu'il s'agisse d'un distributeur ou d'un commerce partenaire.
## Un parc de distributeurs en forte contraction depuis 2018
Le nombre de DAB s'élevait à 40.804 au 31 décembre 2024, contre 42.573 un an plus tôt, soit une diminution de 4,2 %. La comparaison avec 2018 est encore plus frappante : à cette époque, la France comptait 52.697 automates, ce qui représente une chute de 22,5 % en six ans. En moyenne, ce sont près de cinq distributeurs qui disparaissent chaque jour du paysage bancaire français. Le CNMP justifie cette évolution par la nécessité pour les établissements financiers de "maîtriser le coût de gestion des espèces", tout en affirmant que cet ajustement "contribue à leur pérennité". Les automates sont répartis sur 28.660 sites (plusieurs DAB pouvant coexister au même endroit), dans quelque 6.500 communes. Le nombre de sites a lui aussi reculé, mais dans une proportion moindre : -2,7 % sur un an.
## Des commerces relais pour compenser la baisse des automates
Pour pallier la diminution des distributeurs, les banques développent des solutions alternatives. L'étude de la Banque de France fait état de "points privatifs" de distribution de liquide, en hausse de 5,5 % sur un an. Ce sont au total 30.057 commerces – supérettes, boulangeries, bureaux de tabac – qui proposent aux clients d'une banque partenaire de retirer des espèces contre un paiement du même montant par carte bancaire. Ce service, déployé notamment par La Banque postale et le Crédit Agricole, permet de maintenir une offre de proximité là où les automates traditionnels ont disparu. Toutefois, ce dispositif présente des limites : il n'est accessible qu'aux clients des banques partenaires et dépend des horaires d'ouverture des commerces, contrairement à un DAB disponible 24 heures sur 24.
## Une accessibilité maintenue mais des disparités territoriales
Malgré la réduction du parc, la Banque de France assure que l'accès aux espèces reste satisfaisant. Selon ses données, 99 % des Français vivent à moins de quinze minutes d'un point de retrait, que ce soit un distributeur ou un commerce partenaire. Ce chiffre, régulièrement cité par l'institution, vise à rassurer sur l'absence de "déserts bancaires" en matière de liquidités. Cependant, des disparités persistent entre zones urbaines densément équipées et territoires ruraux où la densité de DAB est plus faible. La baisse tendancielle de l'usage du cash – les Français utilisent de moins en moins de billets pour leurs paiements quotidiens – alimente cette dynamique de réduction du parc, les banques estimant que les coûts de maintenance et d'approvisionnement des automates ne sont plus justifiés face à la demande décroissante.
## Un équilibre fragile entre rationalisation et service public
Le recul des distributeurs automatiques illustre la transformation profonde des moyens de paiement en France, où le sans-contact, les paiements mobiles et les virements instantanés gagnent du terrain. La Banque de France et le CNMP considèrent que la stratégie d'ajustement du parc, couplée au développement des points privatifs, permet de concilier efficacité économique et maintien d'un accès raisonnable aux espèces. Reste à savoir si ce modèle tiendra à long terme, alors que le nombre de commerces proposant du cash back pourrait lui aussi plafonner. Pour l'heure, les Français conservent la possibilité de retirer de l'argent à moins d'un quart d'heure de chez eux, mais la vigilance s'impose sur les zones les plus fragiles, où chaque fermeture de DAB réduit un peu plus les options disponibles.