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Chute d’un A320 en Inde : la piste d’un problème mécanique étudiée

Une · · Par Claire BERNARD

Chute d’un A320 en Inde : la piste d’un problème mécanique étudiée

Début août, un Airbus A320 d’Air India a subi une perte d’altitude d’environ 100 mètres en quelques secondes, blessant 24 passagers à bord, avant que l’équipage

Début août, un Airbus A320 d’Air India a subi une perte d’altitude d’environ 100 mètres en quelques secondes, blessant 24 passagers à bord, avant que l’équipage ne reprenne le contrôle de l’appareil. Selon une analyse préliminaire d’Airbus consultée par Reuters et rapportée par Le Figaro, l’incident, survenu le 4 août sur le vol AI2379 reliant Phuket à Delhi, serait lié à une défaillance mécanique touchant les systèmes hydrauliques de l’avion. L’appareil a finalement atterri sans encombre à Delhi, mais cette séquence inédite soulève des interrogations sur la redondance des systèmes critiques de l’avionneur européen. ### Une perte de pression hydraulique en cascade D’après les éléments préliminaires transmis par Airbus, l’avion aurait enregistré, en succession rapide, des défaillances dans ses trois systèmes hydrauliques. Ces circuits, qui utilisent un fluide sous pression pour actionner les commandes de vol et d’autres équipements essentiels, ont brièvement cessé de fonctionner de manière coordonnée. Pendant environ quatre secondes, les pilotes n’ont pas pu utiliser les gouvernes de profondeur ni les ailerons, ces éléments mobiles situés sur les ailes et la queue qui permettent d’orienter l’appareil vers le haut ou vers le bas et de l’incliner latéralement. Durant ce laps de temps, l’avion a pointé vers le haut, selon la communication interne d’Airbus citée par Reuters. Cette perte de contrôle partielle, bien que brève, a provoqué une chute verticale de l’ordre de 100 mètres, suffisante pour blesser deux douzaines de passagers qui n’étaient probablement pas attachés à ce moment du vol. L’enquête technique, menée conjointement par les autorités indiennes de l’aviation civile et le constructeur européen, devra déterminer si cette défaillance multiple résulte d’une cause unique — comme une panne de pompe ou une fuite généralisée — ou d’une combinaison de facteurs. Les premiers éléments suggèrent toutefois que les trois circuits hydrauliques, conçus pour être redondants, auraient été affectés dans un intervalle très court, ce qui constituerait un scénario rare dans l’histoire opérationnelle de la famille A320. ### Une procédure d’urgence déclenchée par l’équipage Selon les informations rapportées par Le Figaro, le pilote aurait perdu le contrôle de certaines commandes de vol pendant ces quelques secondes critiques, avant de réussir à rétablir la situation grâce aux procédures d’urgence. L’équipage a poursuivi le vol vers Delhi, où l’atterrissage s’est déroulé normalement, sans déclaration d’urgence majeure auprès des contrôleurs aériens. Les 24 blessés, dont certains présentaient des traumatismes légers liés à la dépressurisation brutale ou aux chocs contre les structures de la cabine, ont été pris en charge à l’aéroport de destination. Cet incident intervient dans un contexte où la sécurité des vols en Inde fait l’objet d’une attention renforcée, le pays connaissant une croissance soutenue de son trafic aérien domestique et international. Air India, qui a commandé plusieurs centaines d’appareils à Airbus et à Boeing dans le cadre de sa modernisation de flotte, n’a pas communiqué officiellement sur les causes de l’incident, renvoyant aux conclusions de l’enquête en cours. Le constructeur européen, de son côté, a indiqué que l’analyse préliminaire serait suivie de recommandations si nécessaire, conformément aux protocoles de l’Agence européenne de la sécurité aérienne (AESA) et de la Direction générale de l’aviation civile indienne (DGCA). ### Une fiabilité des systèmes hydrauliques en question La famille A320, l’une des plus vendues au monde avec plus de 10 000 appareils en service, repose sur une architecture hydraulique triplex, conçue pour garantir qu’une panne sur un circuit n’affecte pas la pilotabilité de l’avion. La défaillance simultanée des trois systèmes, même pour une durée limitée, interroge les mécanismes de protection et de séparation physique des circuits. Des précédents historiques, comme le vol Air Transat 236 en 2001 ou le vol Qantas 32 en 2010, ont montré que des pannes multiples pouvaient survenir, mais généralement à la suite d’événements extrêmes comme des ruptures de canalisation ou des incendies. Dans le cas présent, les premiers éléments ne font pas état d’un choc externe ou d’une explosion, ce qui orienterait l’analyse vers une défaillance interne, potentiellement liée à une vanne, un capteur ou une pompe. Les enquêteurs examineront également les journaux de maintenance de l’appareil, dont l’âge et l’historique technique n’ont pas été divulgués à ce stade. Le rapport préliminaire d’Airbus, qui a été partagé avec les autorités réglementaires, pourrait être suivi d’une consigne de navigabilité si une anomalie de conception ou de fabrication était identifiée. ### Un précédent qui relance le débat sur la formation des équipages Au-delà de la dimension technique, cet incident relance le débat sur la capacité des pilotes à réagir face à des défaillances multiples et simultanées. La perte de contrôle, même brève, des gouvernes de profondeur et des ailerons constitue une situation extrêmement rare dans les simulateurs de vol, où les scénarios de panne hydraulique totale sont généralement traités comme des cas limites. La réponse de l’équipage du vol AI2379, qui a réussi à redresser l’appareil et à poursuivre le vol, sera analysée en détail par les formateurs et les autorités de certification. Les compagnies aériennes indiennes, confrontées à une pénurie de pilotes expérimentés, investissent massivement dans la formation aux situations d’urgence, mais la répétition de scénarios aussi complexes reste limitée par les capacités des centres de simulation. L’incident du 4 août pourrait conduire à une révision des programmes d’entraînement