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Chine Éco : Les fusions-acquisitions en Chine, par Gilane Barret - 16/06

Economie · · Par Julie MOREAU

Chine Éco : Les fusions-acquisitions en Chine, par Gilane Barret - 16/06

Introduction Le marché des fusions-acquisitions en Chine connaît une dynamique contrastée, oscillant entre opportunités stratégiques et incertitudes réglementai

Introduction

Le marché des fusions-acquisitions en Chine connaît une dynamique contrastée, oscillant entre opportunités stratégiques et incertitudes réglementaires. Alors que Pékin encourage les rapprochements dans les secteurs jugés prioritaires, comme les technologies vertes ou l'intelligence artificielle, les investisseurs étrangers font face à un environnement de plus en plus sélectif. Selon une analyse récente de Gilane Barret sur BFM Business, cette tendance reflète les priorités industrielles de la deuxième économie mondiale.

Un marché en recomposition sous l'impulsion étatique

Depuis le début de l'année 2024, le volume des fusions-acquisitions en Chine aurait diminué d'environ 15 % par rapport à la même période en 2023, selon des données compilées par des cabinets de conseil internationaux. Cette baisse s'expliquerait en partie par le ralentissement économique général et par la prudence accrue des fonds d'investissement occidentaux. Dans le même temps, les transactions intra-chinoises, souvent orchestrées par des acteurs étatiques ou des conglomérats privés proches du pouvoir, auraient augmenté de près de 8 %. Ce contraste illustre une volonté de Pékin de consolider des filières clés, comme les semi-conducteurs ou les batteries électriques, tout en limitant l'influence étrangère dans les technologies sensibles.

Les autorités chinoises auraient ainsi renforcé les procédures de contrôle des investissements entrants, notamment via la loi sur la sécurité nationale révisée en 2023. Les acquisitions de PME technologiques par des fonds américains ou européens se heurteraient désormais à des obstacles administratifs plus nombreux, avec des délais d'approbation pouvant atteindre 18 mois. À l'inverse, les fusions entre groupes chinois, à l'image du rapprochement récent entre deux géants de l'acier, bénéficieraient d'un traitement accéléré, sous réserve qu'elles servent les objectifs de souveraineté industrielle.

Les secteurs porteurs de l'activité M&A

Malgré un contexte global morose, certains secteurs attirent toujours les capitaux. L'énergie solaire et éolienne, ainsi que la fabrication de véhicules électriques, concentreraient près de 30 % des opérations de fusions-acquisitions en Chine au premier semestre 2024. Les entreprises chinoises leaders sur ces marchés, comme CATL ou BYD, seraient à la fois acquéreuses et cibles potentielles, cherchant à intégrer des fournisseurs de matières premières ou des start-up spécialisées dans le stockage d'énergie. Par ailleurs, le secteur de la santé, porté par le vieillissement de la population et les réformes du système de soins, enregistrerait une hausse de 12 % des transactions, principalement dans la biotechnologie et les dispositifs médicaux.

Les investisseurs étrangers, quant à eux, se montreraient plus sélectifs, privilégiant les coentreprises ou les prises de participation minoritaires dans des sociétés chinoises non cotées. Cette approche, moins exposée aux aléas réglementaires, permettrait de bénéficier de l'innovation locale sans subir les contraintes d'un contrôle majoritaire. Des fonds souverains du Moyen-Orient, par exemple, auraient multiplié les opérations de ce type dans l'intelligence artificielle et les fintechs chinoises, selon des sources financières citées par BFM Business.

Perspectives et enjeux pour les acteurs internationaux

À court terme, le marché des fusions-acquisitions en Chine pourrait rester dominé par des opérations domestiques, favorisées par un cadre réglementaire qui se durcit pour les entrants étrangers. Les analystes interrogés par Gilane Barret estiment que les transactions transfrontalières ne reprendront significativement qu'à la condition d'une clarification des règles sur la sécurité nationale et d'une détente des tensions géopolitiques entre Pékin et Washington. En attendant, les conseils en stratégie recommandent aux entreprises occidentales de renforcer leur présence locale via des partenariats et des investissements organiques, plutôt que par des acquisitions directes.

Conclusion

En somme, les fusions-acquisitions en Chine reflètent les priorités d'un État qui entend verrouiller ses technologies clés tout en consolidant ses champions nationaux. Pour les investisseurs étrangers, le chemin se resserre, mais des niches subsistent dans les secteurs où la coopération reste bienvenue, comme les énergies renouvelables ou la santé. L'évolution de ce marché dépendra en grande partie de l'équilibre que Pékin saura trouver entre ouverture sélective et souveraineté industrielle.