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"Chez nous, à fin août, elles avaient augmenté de 35%": déjà en forte croissance, les ventes de bières sans alcool ont été boostées par les épisodes caniculaires

Economie · · Par Julie MOREAU

## La bière sans alcool poursuit sa mue et surfe sur les canicules Le marché français des bières sans alcool confirme son essor spectaculaire. Portées par une d

## La bière sans alcool poursuit sa mue et surfe sur les canicules Le marché français des bières sans alcool confirme son essor spectaculaire. Portées par une demande croissante et une offre qui ne cesse de s'élargir, ces boissons ont vu leurs ventes accélérer encore sous l'effet des épisodes caniculaires qui ont marqué l'année, selon les données du panéliste Circana transmises à BFM Business. ## Une dynamique déjà bien installée avant les fortes chaleurs Il serait tentant de réduire ce succès aux seules températures estivales. Les chiffres racontent une autre histoire. Sur les huit premiers mois de l'année, les ventes de boissons désalcoolisées en grande distribution ont progressé de 11,6% par rapport à la même période de l'année précédente. Le mouvement était donc déjà engagé, bien avant que le thermomètre ne s'affole. Cette tendance s'inscrit dans un contexte plus large de montée en puissance du "sans alcool", porté par l'évolution des habitudes de consommation, la recherche d'une alternative au verre traditionnel et le développement du Dry January, ce défi de sobriété qui gagne du terrain chaque mois de janvier. ## Un effet canicule mesurable et chiffré Pour isoler l'impact réel des fortes chaleurs, Circana a comparé la croissance globale à celle enregistrée uniquement durant les semaines de canicule. Le résultat est net : sur ces périodes de températures extrêmes, les ventes de boissons désalcoolisées ont bondi de 17,8% sur un an. L'écart avec la progression annuelle atteint ainsi 6,2 points, ce qui matérialise un authentique "effet météo". "Ce n'est pas uniquement un ressenti, il y a bien eu un effet de la canicule", confirme Sarah Sasso, consultante chez Circana, citée par BFM Business. Un constat qui peut surprendre : sur les terrasses écrasées de soleil, on aurait pu imaginer les consommateurs se tourner vers des boissons plus désaltérantes encore. C'est pourtant bien la pinte sans ivresse qui a tiré son épingle du jeu. ## La bière, grande gagnante de cette accélération Toutes les boissons sans alcool n'ont pas profité de la même manière de ce coup de pouce climatique. Selon Sarah Sasso, cette hausse globale "cache des disparités" : "ce sont surtout les bières sans alcool qui ont profité" de la croissance accélérée avec la chaleur. Les autres catégories de boissons désalcoolisées, à commencer par le vin tranquille et effervescent, affichent un "effet beaucoup moins fort". La bière sans alcool — plus précisément les bières titrant moins de 1,2% d'alcool, seuil fixé par la réglementation — bénéficie donc d'un double moteur : une appétence structurelle pour le format "blonde" ou "IPA" débarrassé de l'ivresse, et une sensibilité accrue à la météo estivale. ## Un marché à la croisée des tendances L'engouement pour ces références repose sur plusieurs ressorts. D'abord, l'élargissement de l'offre : les brasseurs multiplient les recettes, améliorant sensiblement la qualité gustative de produits longtemps jugés fades. Ensuite, la quête de modération, qui touche particulièrement les jeunes générations et les consommateurs soucieux de leur santé ou de leur conduite. Enfin, la chaleur agit comme un amplificateur conjoncturel, sans pour autant créer la tendance de fond. Reste à savoir si cette accélération estivale se confirmera hors saison. Les données de Circana portent sur les huit premiers mois de l'année, et le marché devra démontrer sa capacité à prolonger sa trajectoire à l'automne et en hiver. Une chose est sûre : la bière sans alcool n'est plus une niche confidentielle, mais un segment installé dans les rayons comme sur les terrasses.