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Charles Dennery : «Pourquoi il est urgent de climatiser la France»

Une · · Par Claire BERNARD

Charles Dennery : «Pourquoi il est urgent de climatiser la France»

# Charles Dennery : «Pourquoi il est urgent de climatiser la France» Alors que les canicules se multiplient sur le territoire français, la question de la climat

# Charles Dennery : «Pourquoi il est urgent de climatiser la France» Alors que les canicules se multiplient sur le territoire français, la question de la climatisation refait surface dans le débat public, non sans susciter des tensions idéologiques. L'économiste Charles Dennery, dans un entretien accordé au Figaro le 20 juin 2026, plaide pour une levée du tabou français autour de cet équipement, estimant que l'adaptation passive des bâtiments ne suffira pas à protéger les populations les plus vulnérables. ## Un tabou français face à l'urgence climatique Selon Charles Dennery, la climatisation souffre en France d'une « mauvaise presse » qui serait largement injustifiée au regard des enjeux sanitaires actuels. L'économiste, auteur de *Réformer (vraiment) les retraites* (PUF), observe que d'autres pays ne se posent plus la question de son déploiement. À Singapour, rappelle-t-il, le fondateur Lee Kuan Yew avait décidé d'équiper tous les bâtiments publics, considérant qu'il s'agissait d'une question de productivité administrative. En Espagne, ces dernières semaines, le gouvernement socialiste de Pedro Sánchez et la Région de Madrid, dirigée par la droite, se renvoient la responsabilité du retard dans l'installation de climatisation dans les écoles. En Afrique et au Maghreb, la climatisation est perçue comme une évidence, contrairement à la France où, en dehors du pourtour méditerranéen, elle a longtemps été considérée comme superflue. ## Des conséquences sociales et sanitaires préoccupantes L'économiste met en garde contre les discours écologistes hostiles à la climatisation, qui risqueraient selon lui de pénaliser en premier lieu les classes populaires, les enfants et les personnes âgées. « La climatisation ne devrait pas être un marqueur de droite », affirme-t-il, soulignant que le refus de cet équipement pourrait creuser les inégalités face aux vagues de chaleur. Les populations les plus fragiles, qui ne disposent pas toujours de solutions alternatives comme la végétalisation ou l'isolation thermique performante, se trouveraient exposées à des risques sanitaires accrus. Cette position rejoint les préoccupations de nombreux experts en santé publique qui alertent sur les conséquences des canicules à répétition, notamment en termes de mortalité chez les personnes âgées et de troubles du développement chez les enfants. ## Une adaptation nécessaire mais controversée Charles Dennery estime que l'adaptation passive des bâtiments, bien que souhaitable, ne pourra pas répondre seule à l'urgence climatique. Les solutions architecturales comme l'isolation, les toits végétalisés ou les brise-soleil nécessitent des investissements lourds et des délais de mise en œuvre importants. En attendant, la climatisation apparaît comme une solution immédiate pour protéger les populations lors des pics de chaleur. Toutefois, cette position ne fait pas l'unanimité. Les associations environnementales rappellent régulièrement que la climatisation contribue au réchauffement climatique en rejetant de l'air chaud à l'extérieur et en consommant de l'électricité, souvent produite à partir d'énergies fossiles. Le débat oppose ainsi une vision pragmatique de court terme à une approche écologique de long terme. ## Vers un débat national nécessaire L'entretien de Charles Dennery dans Le Figaro intervient dans un contexte où les épisodes caniculaires deviennent plus fréquents et plus intenses en France. L'économiste appelle à un débat national dépassionné sur le sujet, qui prendrait en compte à la fois les impératifs sanitaires, les contraintes énergétiques et les enjeux de justice sociale. Si la climatisation ne saurait constituer une solution unique, son rejet systématique pourrait, selon lui, aggraver les inégalités face aux risques climatiques. Reste à savoir si les pouvoirs publics français, souvent réticents à encourager cette technologie, sauront trouver un équilibre entre adaptation immédiate et transition écologique de long terme.