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Chaque hectare à reboiser coûte entre 5.000 et 10.000 euros: Engie va donner 25 millions d'euros pour la régénération des forêts après les incendies

Economie · · Par Julie MOREAU

Chaque hectare à reboiser coûte entre 5.000 et 10.000 euros: Engie va donner 25 millions d'euros pour la régénération des forêts après les incendies

Incendies records : Engie injecte 25 millions d’euros dans la régénération des forêts françaises Alors que la France a déjà enregistré plus de 116.000 hectares

Incendies records : Engie injecte 25 millions d’euros dans la régénération des forêts françaises

Alors que la France a déjà enregistré plus de 116.000 hectares de forêts brûlés en 2022, un record historique, le groupe énergétique Engie a annoncé mardi un engagement financier de 25 millions d’euros pour participer à la reconstruction et à la régénération durable des espaces forestiers détruits. Cette contribution intervient dans un contexte où chaque hectare à reboiser coûte entre 5.000 et 10.000 euros, selon le ministère de la Transition écologique, et où l’État prévoit d’augmenter de 20 millions d’euros les fonds alloués à l’Office national des forêts (ONF) en 2026. Le "choc humain, environnemental et économique" provoqué par les incendies, notamment en Gironde et à Fontainebleau, a poussé l’énergéticien à agir.

Un engagement financier pour la résilience des écosystèmes

Dans un communiqué, Engie a précisé que cette contribution de 25 millions d’euros vise à "accompagner les efforts de reconstitution des espaces forestiers détruits et de soutenir les initiatives visant à renforcer la résilience des écosystèmes naturels face aux effets du changement climatique". Le groupe souligne que les incendies ont atteint "une part du patrimoine naturel français", rendant nécessaire une réflexion approfondie sur les essences les plus adaptées, la préservation de la biodiversité, la restauration de zones humides, les conditions d’accès pour les services de secours, ainsi que la protection et le retour de la faune sauvage. Ce montant représente une somme significative, bien que les coûts de reboisement restent élevés : selon les estimations officielles, la restauration d’un seul hectare de forêt peut osciller entre 5.000 et 10.000 euros, ce qui implique que les 25 millions d’euros pourraient financer la régénération de 2.500 à 5.000 hectares, selon les configurations.

Un partenariat avec les autorités publiques et les acteurs locaux

Engie affirme qu’il va "se rapprocher des autorités publiques, des collectivités territoriales, des acteurs de la filière forestière et du monde de la recherche afin de déployer concrètement ce soutien". Cette démarche s’inscrit dans un cadre plus large où l’État, par la voix de la ministre Monique Barbut, a déjà annoncé un renforcement des fonds alloués à l’ONF en 2026, à hauteur de 20 millions d’euros supplémentaires. Le groupe énergétique, qui n’a pas précisé le calendrier exact de déploiement, entend ainsi coordonner son action avec les initiatives publiques pour maximiser l’impact sur le terrain. Les incendies records de 2022, dont le "mégafeu" qui a sévi en Gironde, ont mis en lumière la vulnérabilité du patrimoine forestier français face aux changements climatiques, et les efforts de reboisement devront intégrer des critères de durabilité à long terme.

Des enjeux économiques et écologiques majeurs

Au-delà du coût direct du reboisement, la régénération des forêts implique des défis écologiques complexes. Engie insiste sur la nécessité de "réfléchir aux essences les plus adaptées" et de "préserver la biodiversité", ce qui pourrait inclure le choix d’espèces locales plus résistantes à la sécheresse et aux incendies. La restauration des zones humides et l’amélioration de l’accès pour les services de secours sont également des priorités, afin de prévenir de futurs sinistres. Selon le Premier ministre Sébastien Lecornu, les incendies ont déjà parcouru plus de 116.000 hectares en France cette année, un record qui dépasse largement les moyennes historiques. Cette situation a suscité une prise de conscience collective, tant au niveau des entreprises que des pouvoirs publics, sur l’urgence d’investir dans la protection et la régénération des forêts.

Alors que les incendies continuent de ravager certaines régions, l’engagement d’Engie pourrait servir de modèle pour d’autres acteurs économiques. La ministre Monique Barbut a rappelé que l’État augmenterait de 20 millions d’euros les fonds alloués à l’ONF en 2026, mais ces efforts restent insuffisants face à l’ampleur des dégâts. La contribution de 25 millions d’euros d’Engie, bien que substantielle, ne couvre qu’une partie des besoins estimés. À terme, la réussite de ces initiatives dépendra de la coordination entre les secteurs public et privé, ainsi que de l’intégration des enseignements scientifiques pour garantir une régénération durable. Les prochains mois seront décisifs pour évaluer l’efficacité de ces mesures et leur capacité à restaurer un patrimoine naturel précieux, tout en préparant les forêts françaises aux défis climatiques à venir.