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"Cette enfant n’est pas décédée pour rien" : l’infirmier et le centre hospitalier de Sète reconnus coupables dans la mort de Marwa à la suite d’une erreur médicale

Une · · Par Claire BERNARD

Marwa est morte à 8 ans d’une erreur médicale : l’infirmier et l’hôpital de Sète condamnés Ce mercredi 10 juin, six ans après le décès de la petite Marwa, surve

Marwa est morte à 8 ans d’une erreur médicale : l’infirmier et l’hôpital de Sète condamnés

Ce mercredi 10 juin, six ans après le décès de la petite Marwa, survenu aux urgences du centre hospitalier de Sète à la suite d’une erreur médicale, le tribunal judiciaire de Montpellier a rendu son verdict. L’infirmier en charge de l’enfant ainsi que l’établissement hospitalier ont été reconnus coupables d’homicide involontaire. Une décision judiciaire qui, si elle ne ramène pas l’enfant, marque une reconnaissance des fautes commises.

Un drame évitable aux urgences de Sète

Le 14 mars 2018, la jeune Marwa, âgée de 8 ans, est admise aux urgences du centre hospitalier de Sète pour une forte fièvre et des difficultés respiratoires. Selon les informations rapportées par Midi Libre, l’infirmier de garde aurait administré une dose de médicament bien supérieure à celle prescrite, provoquant une intoxication fatale. L’enfant est décédée quelques heures plus tard, malgré l’intervention des équipes médicales. L’erreur, qualifiée par les experts de « grossière », aurait pu être évitée par une simple vérification du dossier patient.

L’enquête ouverte par le parquet de Montpellier a mis en lumière des manquements dans la chaîne de soins. D’après des sources proches du dossier, l’infirmier n’aurait pas respecté le protocole de double contrôle des médicaments, pourtant obligatoire dans ce type de service. Le centre hospitalier, de son côté, aurait failli à son obligation de formation continue et de supervision du personnel soignant.

La responsabilité de l’infirmier et de l’hôpital reconnue

À l’issue de plusieurs années d’instruction, le tribunal judiciaire de Montpellier a donc tranché. L’infirmier a été reconnu coupable d’homicide involontaire et condamné à une peine de prison avec sursis, dont le quantum exact n’a pas été communiqué dans l’immédiat. Le centre hospitalier de Sète a également été déclaré pénalement responsable, une décision rare qui engage la responsabilité de l’institution elle-même, et non seulement celle de ses employés.

Cette condamnation intervient dans un contexte où les erreurs médicales restent, selon les chiffres de la Direction générale de l’offre de soins (DGOS), l’une des premières causes de décès évitables dans les hôpitaux français. Si les procédures pénales aboutissent rarement, ce jugement pourrait faire jurisprudence. Il souligne en effet la nécessité pour les établissements de santé de renforcer leurs protocoles de sécurité, notamment dans les services d’urgence où la pression et le turnover du personnel sont élevés.

« Cette enfant n’est pas décédée pour rien » : la famille obtient justice

Pour la famille de Marwa, ce verdict est une forme de reconnaissance, même si la douleur reste intacte. « Cette enfant n’est pas décédée pour rien », a déclaré l’avocat de la famille, Me Jean-Baptiste Mousset, cité par Midi Libre. Il a salué une décision « juste et nécessaire », tout en soulignant que rien ne pourra jamais compenser la perte d’un enfant. La mère de Marwa, présente à l’audience, aurait confié son soulagement de voir les responsabilités enfin établies, après six années de procédure.

Au-delà du cas individuel, ce jugement interroge les pratiques hospitalières en France. Selon un rapport de la Haute Autorité de santé (HAS) publié en 2022, près de 30 % des événements indésirables graves en milieu hospitalier seraient liés à des erreurs médicamenteuses. Un chiffre qui pourrait inciter les pouvoirs publics à renforcer les obligations de contrôle et de traçabilité dans les établissements de santé.

Des implications pour la sécurité des patients

La condamnation du centre hospitalier de Sète pourrait avoir des répercussions sur l’ensemble du système de santé. En effet, les établissements pourraient être amenés à revoir leurs procédures internes pour éviter de nouvelles poursuites pénales. La question de la formation continue des infirmiers et du respect des protocoles de double vérification se pose avec d’autant plus d’acuité que les effectifs soignants sont souvent sous pression.

Cette affaire rappelle également l’importance du signalement des erreurs médicales, afin de tirer les leçons des drames. Le tribunal a ainsi insisté sur la nécessité de mettre en place des mécanismes de retour d’expérience systématiques dans les services d’urgence. Une mesure qui, selon des experts en santé publique, pourrait réduire significativement le nombre d’incidents évitables.

Si la justice a parlé, le chemin vers une meilleure sécurité des patients reste long. Ce jugement, en reconnaissant la responsabilité individuelle et institutionnelle, ouvre peut-être une nouvelle ère de responsabilisation dans le monde hospitalier français.