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"Ces rendez-vous sont inacceptables": le syndicat CGT d'EDF "condamne" des rencontres entre le patron de l'énergéticien Bernard Fontana et Marine Le Pen et Sarah Knafo

Economie · · Par Julie MOREAU

La CGT d'EDF a exprimé publiquement sa désapprobation après la tenue de rencontres entre le PDG de l'énergéticien, Bernard Fontana, et deux figures politiques d

La CGT d'EDF a exprimé publiquement sa désapprobation après la tenue de rencontres entre le PDG de l'énergéticien, Bernard Fontana, et deux figures politiques d'extrême droite, Marine Le Pen, candidate à l'élection présidentielle pour le Rassemblement national, et Sarah Knafo, représentante du parti Reconquête. Dans un tract consulté mardi par BFM Business, le syndicat dénonce des rendez-vous qu'il juge incompatibles avec les valeurs historiques de l'entreprise publique. ## Un tract qui dénonce des "rapprochements" Selon le document syndical, le PDG d'EDF a "officiellement" reçu la candidate du Rassemblement national ainsi que la représentante de Reconquête. La CGT indique que cette situation génère "un profond mal-être et une profonde inquiétude" au sein des équipes. Le syndicat, deuxième organisation représentative au sein de l'entreprise derrière la CFE-CGC, estime que "ces rendez-vous avec les représentants des forces politiques défendant des idées anti-sociales, racistes, sexistes et autoritaires, sont inacceptables". Il affirme "condamner avec la plus grande fermeté ces rapprochements entre le PDG d'EDF SA et les représentants de l'extrême droite". ## La direction invoque la neutralité institutionnelle Interrogée par BFM Business, la direction d'EDF a choisi de ne pas réagir aux propos syndicaux, précisant qu'elle ne commentait pas les tracts des organisations représentatives du personnel. Sur le fond, l'entreprise a toutefois rappelé qu'"EDF recevait tous les candidats qui le souhaitaient, quel que soit leur parti politique". Cette position s'inscrit dans une logique de neutralité vis-à-vis des formations politiques en période électorale, alors que l'énergéticien est détenu majoritairement par l'État. ## Un rappel de l'histoire de l'entreprise Pour appuyer son argumentation, la CGT convoque la mémoire fondatrice d'EDF. Le syndicat souligne "qu'EDF a été créé par un ministre communiste, syndicaliste à la CGT et résistant, en application du programme politique 'Les Jours Heureux' issu du Conseil National de la Résistance, et qui a combattu l'extrême droite". Cette référence historique vise à rappeler l'ancrage républicain et social de l'entreprise née de la nationalisation de l'électricité en 1946, sous l'impulsion du ministre de la Production industrielle Marcel Paul. ## Un contexte social tendu Cette prise de position intervient dans un climat déjà chargé pour l'énergéticien, confronté à des enjeux industriels majeurs comme le renouvellement du parc nucléaire et la transition énergétique. Le sujet des relations entre dirigeants d'entreprises publiques et formations politiques reste sensible, particulièrement lorsque ces entreprises sont stratégiques pour la souveraineté nationale. La CGT conclut son tract en réaffirmant "son attachement profond aux principes d'égalité, de solidarité et de sororité". ## Une question de posture institutionnelle Au-delà du cas d'EDF, la polémique soulève une interrogation plus large sur les règles de conduite des dirigeants d'entreprises publiques face aux sollicitations politiques. Si la direction invoque l'ouverture à l'ensemble des candidats, les organisations syndicales peuvent y voir un signal contraire aux valeurs qu'elles défendent. Le débat illustre la tension entre neutralité institutionnelle revendiquée et attentes sociales internes, dans un contexte pré-électoral où chaque geste des grands patrons est scruté.