"Ces efforts portent leurs fruits": le Trésor américain revendique le succès de sa campagne pour isoler Téhéran

## Washington revendique l'isolement économique de Téhéran Le secrétaire américain au Trésor, Scott Bessent, a affirmé samedi que la campagne de pression économ
## Washington revendique l'isolement économique de Téhéran
Le secrétaire américain au Trésor, Scott Bessent, a affirmé samedi que la campagne de pression économique menée par les États-Unis contre l'Iran produisait des résultats tangibles. Dans un message publié sur le réseau social X, il a revendiqué l'envoi d'émissaires à travers le monde pour exiger des mesures d'isolement contre Téhéran, citant plusieurs restrictions récentes visant les banques et les compagnies aériennes iraniennes. Une déclaration qui intervient alors que Washington durcit depuis plusieurs semaines son dispositif de sanctions contre la République islamique.
## Une campagne diplomatique tous azimuts
Selon Scott Bessent, des équipes américaines ont été dépêchées dans plusieurs régions du globe pour convaincre les partenaires de Washington d'adopter des mesures restrictives contre le régime iranien. "Sur mon instruction, des équipes ont été dépêchées à travers le monde pour discuter avec les pays et exiger des mesures contre le régime iranien", a-t-il déclaré sur X, avant d'ajouter : "Ces efforts portent leurs fruits". Cette stratégie s'appuie sur un réseau d'émissaires chargés de négocier directement avec les autorités étrangères, une approche que le Trésor américain présente comme le socle de son efficacité. Le ministre n'a toutefois pas détaillé le nombre de pays visités ni la nature exacte des pressions exercées.
## Le secteur aérien iranien sous pression
Parmi les résultats mis en avant par Washington figure la suspension des vols de la compagnie privée iranienne Mahan Air par la Turquie et Oman. Les Émirats arabes unis ont pour leur part annoncé jeudi l'arrêt de tous les vols des compagnies iraniennes, une décision présentée comme une mise en conformité avec les nouvelles sanctions américaines visant le secteur aérien. Selon l'agence de presse iranienne Isna, citant les autorités aéroportuaires, les avions iraniens n'ont désormais plus le droit de se poser en Irak, aux Émirats, à Oman, en Azerbaïdjan et en Géorgie. Scott Bessent avait affirmé lundi que toutes les compagnies iraniennes seraient à l'arrêt "partout dans le monde" à compter du 23 septembre.
## Des liaisons qui subsistent malgré les sanctions
L'isolement demeure toutefois incomplet. Les liaisons aériennes continuent d'être assurées avec la Chine, qui a rejeté les sanctions "unilatérales illégales" américaines, ainsi qu'avec la Russie, via les deux principales compagnies Iran Air et Mahan Air. En Turquie, si Mahan a effectivement suspendu ses vols, la liaison entre les deux pays reste assurée plusieurs fois par jour par Iran Air ou de plus petites compagnies iraniennes, d'après les sites des aéroports de Téhéran et d'Istanbul. Selon Isna, le Pakistan, l'Afghanistan, l'Arménie, le Bélarus, le Tadjikistan et la Malaisie continuent également d'être desservis.
## Le volet bancaire également ciblé
Au-delà du transport aérien, Washington met en avant des mesures visant les banques iraniennes. La banque centrale émiratie a ainsi interdit aux succursales de la banque publique Melli toute transaction avec l'Iran, une décision qui s'inscrit dans le prolongement des sanctions américaines. Ce volet financier constitue un levier central de la stratégie américaine, les restrictions bancaires étant susceptibles de compliquer les échanges commerciaux et les transferts de fonds de Téhéran avec ses partenaires étrangers. Le Trésor américain n'a pas précisé l'ampleur des avoirs ou flux concernés par ces mesures.
## Une efficacité difficile à mesurer
Si Washington revendique un succès, l'évaluation de l'impact réel de cette campagne reste délicate. La persistance de liaisons avec la Chine, la Russie et plusieurs pays voisins suggère que l'Iran conserve des canaux économiques significatifs. La date du 23 septembre, avancée par Scott Bessent comme échéance pour l'arrêt mondial des compagnies iraniennes, constituera un premier test de la portée effective de ces mesures. Pour l'heure, aucun bilan chiffré de l'impact économique sur l'Iran n'a été rendu public par le Trésor américain.