"Ces coupes ne nous réjouissent absolument pas": la Commission européenne déplore les 140 milliards d'euros de coupes proposées dans le futur budget de l'UE (l'Allemagne en réclame encore plus)

## Un sommet sous tension budgétaire à Bruxelles La Commission européenne a exprimé lundi son mécontentement face aux coupes drastiques envisagées dans le futur
## Un sommet sous tension budgétaire à Bruxelles
La Commission européenne a exprimé lundi son mécontentement face aux coupes drastiques envisagées dans le futur budget pluriannuel de l'Union européenne pour la période 2028-2034. Alors qu'un sommet des dirigeants des Vingt-Sept s'ouvre ce jeudi et se poursuivra vendredi à Bruxelles, les négociations s'annoncent particulièrement délicates entre États membres aux positions divergentes.
## Une proposition irlandaise qui divise
L'Irlande, qui assure actuellement la présidence tournante de l'Union européenne, a présenté samedi un compromis prévoyant 140 milliards d'euros de coupes par rapport à la proposition initiale de Bruxelles. Ce texte réduit notamment les enveloppes consacrées à la compétitivité ainsi qu'à l'aide au développement. Cette proposition vise à rapprocher les positions des États membres les plus contributeurs nets au budget européen, emmenés par l'Allemagne, des pays qui plaident pour un budget ambitieux, à l'image de la France.
## La Commission monte au créneau
Devant la presse lundi, Balazs Ujvari, porte-parole de la Commission européenne, n'a pas caché son inquiétude. "Ces coupes budgétaires ne nous réjouissent absolument pas", a-t-il déclaré, évoquant "la réduction significative du montant global du budget" par rapport à la proposition initiale d'environ 2.000 milliards d'euros. Le porte-parole a mis en garde contre les conséquences de telles restrictions : "Des coupes budgétaires importantes risquent de compromettre les priorités essentielles sur lesquelles nous nous sommes mis d'accord collectivement." Il a également souligné que les besoins de l'Union ne cessent de croître, entre crises successives et défis imprévus, nécessitant des moyens financiers à la hauteur.
## Berlin réclame davantage d'économies
Malgré ce compromis irlandais, l'Allemagne et ses alliés continuent de réclamer des coupes encore plus massives dans le prochain cadre financier pluriannuel. Cette position suscite l'irritation de plusieurs capitales, dont Paris, qui défend un budget pluriannuel "ambitieux" pour financer les priorités stratégiques européennes. Le désaccord porte notamment sur l'équilibre entre discipline budgétaire et investissements dans la compétitivité, la transition écologique et le soutien à l'Ukraine.
## Un calendrier sous pression
Les dirigeants des institutions européennes disposent d'un temps limité pour trouver un terrain d'entente. Le sommet de jeudi et vendredi constitue une étape cruciale dans ce processus de négociation, qui doit aboutir à un accord sur le cadre financier 2028-2034. Les discussions s'annoncent d'autant plus complexes que chaque État membre défend ses intérêts nationaux, entre contributeurs nets soucieux de maîtriser leurs dépenses et bénéficiaires attachés aux politiques de cohésion et agricole.
L'issue de ce sommet déterminera la capacité de l'Union européenne à financer ses priorités communes dans un contexte géopolitique et économique incertain. Le bras de fer entre partisans de la rigueur et défenseurs d'un budget robuste promet d'être âprement disputé.