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"Certains vont déchanter à la rentrée en découvrant leur fiche de paie": pas de maintien de salaire, ni de mutuelle, le nouveau congé de naissance risque d'être décevant

Economie · · Par Julie MOREAU

# Congé de naissance : attention à la douche froide sur la fiche de paie Le nouveau congé supplémentaire de naissance, entré en vigueur récemment, promettait au

# Congé de naissance : attention à la douche froide sur la fiche de paie Le nouveau congé supplémentaire de naissance, entré en vigueur récemment, promettait aux jeunes parents jusqu'à deux mois d'absence supplémentaires pour s'occuper de leur bébé, en plus des congés maternité et paternité légaux. Mais si le dispositif indemnise mieux qu'un congé parental traditionnel, les premiers retours d'expérience laissent présager de sérieuses déconvenues. Comme le résume Clara*, juriste spécialisée en droit social dans le secteur du bâtiment, interrogée par BFM Business : "Certains vont déchanter à la rentrée en découvrant leurs fiches de paie." ## Un calcul d'indemnités qui réserve des surprises Le problème central réside dans le mode de calcul des indemnités journalières (IJ) versées par la Sécurité sociale. Si ces dernières suivent les mêmes règles que pour les congés maternité et paternité classiques, elles sont soumises à un coefficient de dégressivité particulièrement pénalisant. Concrètement, le premier mois de congé supplémentaire, l'indemnité journalière est réduite de 30 %, et de 40 % le second mois. Là où une mère ou un père en congé maternité ou paternité classique peut percevoir jusqu'à 104,02 euros par jour, le parent en congé supplémentaire de naissance ne touchera que 72,87 euros par jour maximum le premier mois, puis 62,41 euros le second mois. ## Des montants nets bien en deçà des attentes En termes concrets, cela signifie qu'un salarié au plafond mensuel de la Sécurité sociale (4 005 euros en 2026) percevra un peu moins de 2 200 euros net le premier mois, puis environ 1 900 euros net le second mois. Ces montants, bien que supérieurs à ceux du congé parental, restent très inférieurs au salaire habituel pour les cadres et les professions intermédiaires. Pour les salariés dont le salaire brut mensuel est inférieur à 4 005 euros, les indemnités seront mécaniquement plus faibles. "Certes, cela reste mieux que le congé parental, mais beaucoup de jeunes parents s'attendaient à un maintien de salaire ou à une indemnisation plus proche de leur rémunération habituelle", souligne la juriste. ## Des droits sociaux également réduits Au-delà de la simple perte de revenus, le congé supplémentaire de naissance ne préserve pas non plus les autres avantages sociaux liés à l'emploi. Contrairement à un arrêt maladie ou à un congé maternité classique, ce congé n'ouvre pas droit au maintien de salaire par l'employeur, sauf disposition conventionnelle ou accord d'entreprise spécifique. De même, la mutuelle d'entreprise peut ne pas être prise en charge pendant cette période, ce qui représente un coût supplémentaire pour le salarié. Les cotisations retraite et les droits à congés payés continuent-ils de courir ? Tout dépend des accords collectifs en vigueur dans chaque entreprise. "Chaque salarié doit vérifier sa convention collective et son contrat de travail avant de partir en congé supplémentaire", recommande Clara. ## Un dispositif à double tranchant Ce nouveau congé de naissance, s'il offre une flexibilité bienvenue aux jeunes parents, pourrait donc se révéler décevant pour ceux qui espéraient une indemnisation proche de leur salaire net habituel. Les premiers retours de salariés partis cet été, notamment dans le secteur du bâtiment où Clara exerce, confirment ces craintes. "Les fiches de paie de septembre vont être un véritable électrochoc pour certains", prévient-elle. Les jeunes parents souhaitant bénéficier de ce dispositif auraient tout intérêt à simuler leur indemnisation auprès de leur service des ressources humaines ou de leur caisse d'Assurance maladie avant de s'engager. Car si le congé supplémentaire de naissance constitue une avancée sociale indéniable, il ne doit pas faire oublier que le diable se niche dans les détails du calcul des indemnités journalières.