Certains retraités, les salariés aux gros chèques de départ, les malades longue durée, les propriétaires de meublés… Ceux qui devraient payer plus d’impôts en 2027 avec le rabotage des niches fiscales

Le projet de loi de finances pour 2027, présenté jeudi, prévoit un rabotage ciblé de certaines niches fiscales afin de réaliser des économies budgétaires. Le go
Le projet de loi de finances pour 2027, présenté jeudi, prévoit un rabotage ciblé de certaines niches fiscales afin de réaliser des économies budgétaires. Le gouvernement assure qu'il n'y aura pas de hausses d'impôts généralisées, mais uniquement des réformes présentées comme visant à « rationaliser » les dispositifs existants pour en améliorer l'« efficacité ». Selon les informations rapportées par BFM Business, plusieurs catégories de contribuables devraient toutefois voir leur facture fiscale augmenter à horizon 2027.
## Les retraités concernés par la réduction de l'abattement
Parmi les mesures annoncées, la plus emblématique concerne les retraités. L'abattement de 10 % dont ils bénéficient sur leurs revenus imposables figure parmi les niches les plus coûteuses pour l'État, avec un coût estimé à 4,7 milliards d'euros. Le gouvernement prévoit de réduire le plafond de cet abattement, qui passerait de 4 439 à 3 000 euros, soit une baisse d'environ 10 %. Cette mesure devrait permettre de dégager 1,4 milliard d'euros d'économies. Concrètement, les retraités dont les revenus dépassent ce nouveau plafond verront leur assiette imposable augmenter mécaniquement, ce qui pourrait les faire basculer dans une tranche supérieure ou alourdir leur imposition existante.
## Les indemnités journalières dans le viseur
Autre dispositif ciblé : l'exonération fiscale de certaines indemnités journalières versées dans le cadre d'arrêts de travail. Le gouvernement souhaite « rapprocher le traitement fiscal des indemnités journalières de celui des revenus d'activité », selon le principe qu'« un revenu de remplacement doit avoir le même statut fiscal qu'un revenu du travail ». Cette mesure concernerait en particulier les indemnités liées à une affection de longue durée (ALD), actuellement totalement exonérées. Les patients souffrant de maladies graves ou nécessitant des traitements coûteux seraient donc les premiers touchés par cette réforme, qui pourrait alourdir leur imposition alors qu'ils font face à des dépenses de santé importantes.
## Les salariés aux indemnités de départ et les propriétaires de meublés
Le titre de BFM Business mentionne également deux autres catégories de contribuables susceptibles d'être affectées : les salariés bénéficiant de « gros chèques de départ » et les propriétaires de meublés. Si le contenu détaillé de ces mesures n'est pas précisé dans les éléments disponibles, la logique gouvernementale consiste à examiner l'ensemble des dispositifs dérogatoires au droit commun pour identifier ceux qui pourraient être resserrés. Les indemnités de rupture ou de départ, qui bénéficient aujourd'hui de régimes fiscaux avantageux dans certaines conditions, pourraient ainsi voir leur traitement fiscal se rapprocher de celui des salaires ordinaires. Quant aux propriétaires de meublés, ils bénéficient de plusieurs dispositifs d'amortissement et d'abattements spécifiques qui pourraient être revus à la baisse.
## Des niches populaires préservées
Le gouvernement a toutefois choisi d'épargner les dispositifs les plus largement utilisés par les ménages. Le crédit d'impôt de 50 % sur les services à la personne — ménage, garde d'enfants notamment — est maintenu. Le crédit d'impôt recherche, qui soutient les dépenses de R&D des entreprises, ainsi que le pacte Dutreil, qui permet un abattement important lors de la transmission familiale d'entreprises, sont également préservés. Cette stratégie vise à concentrer les efforts sur des niches jugées moins efficaces ou moins justifiées socialement, tout en évitant de mécontenter une base électorale trop large.
## Un équilibre budgétaire délicat
L'enjeu pour l'exécutif est double : trouver des sources d'économies significatives sans déclencher de mouvement de protestation comparable à celui suscité par d'autres réformes fiscales récentes. Les 1,4 milliard d'euros attendus de la seule réforme de l'abattement des retraités constituent une part non négligeable des économies recherchées. Reste à savoir si ces mesures seront maintenues dans leur intégralité lors du débat parlementaire, où les groupes politiques pourraient tenter d'amender ou de supprimer certaines dispositions. Les représentants des retraités et des patients en ALD ont déjà fait savoir, selon plusieurs sources, qu'ils comptaient se mobiliser contre ces ajustements.