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"Certains ont pu contrer l'attaque": malgré des "températures jusqu'à 80°C", le patron de Coopérative U indique que "seulement" 80 de ses supermarchés ont été touchés par la cyberattaque

Economie · · Par Julie MOREAU

## Cyberattaque dans la grande distribution : Coopérative U relativise l'ampleur des dégâts Interrogé ce matin par RTL, Dominique Schelcher, PDG de Coopérative

## Cyberattaque dans la grande distribution : Coopérative U relativise l'ampleur des dégâts Interrogé ce matin par RTL, Dominique Schelcher, PDG de Coopérative U, a livré un premier bilan de la cyberattaque qui a frappé plusieurs grands distributeurs français dans la nuit de dimanche à lundi. Selon lui, "seulement" 80 des 2 000 magasins de son groupe (Hyper U, Super U, U Express et Utile) ont été touchés, une partie d'entre eux ayant même "pu contrer l'attaque", évitant ainsi toute rupture de la chaîne du froid. ## Un impact financier limité mais des dégâts bien réels Le dirigeant a reconnu que certains points de vente avaient subi des dommages liés à des "températures pouvant aller jusqu'à 80°C", entraînant des pertes comprises entre quelques dizaines de milliers et 200 000 euros par magasin. Ces cas restent toutefois "minoritaires" à l'échelle du réseau, a insisté Dominique Schelcher. La chaîne du froid, élément critique pour la conservation des denrées périssables, constitue le cœur du problème posé par cette intrusion informatique. Une défaillance prolongée de la régulation thermique expose en effet les enseignes à un gaspillage alimentaire massif et à des pertes d'exploitation difficilement compressibles. ## Une attaque "inédite" qui dépasse le seul cas de Coopérative U Si le patron de Coopérative U a tenu à relativiser l'ampleur des dégâts dans ses propres magasins, il n'a pas minimisé la gravité de l'événement. Il a qualifié l'attaque de "totalement inédite, inattendue et gravissime", rappelant qu'elle s'en est pris à la "nourriture des Français". Le phénomène dépasse largement le périmètre de son groupe : plusieurs centaines de magasins appartenant à Intermarché/Netto, E.Leclerc, Carrefour et Monoprix ont également été concernés, selon les informations révélées par BFMTV. ## L'État se saisit du dossier Face à l'ampleur de la menace, l'exécutif a réagi rapidement. D'après l'entourage du Premier ministre, Sébastien Lecornu a "immédiatement demandé à l'Agence nationale de la sécurité des systèmes d'information (Anssi) de se saisir du sujet" et "suit le dossier personnellement". Le parquet de Paris a par ailleurs annoncé le lancement d'une enquête de sa propre initiative, signe que les autorités entendent établir les responsabilités dans cette affaire. La saisine de l'Anssi doit permettre d'évaluer précisément la nature de l'attaque et d'identifier d'éventuelles vulnérabilités exploitables dans d'autres secteurs. ## Danfoss pointé du doigt Selon les premières informations disponibles, les systèmes de régulation frigorifique du fabricant danois Danfoss étaient ciblés. L'entreprise scandinave a expliqué à l'AFP que "la majorité des unités touchées sont des produits anciens (...) qui ont atteint leur fin de vie et ne bénéficient plus de mises à jour logicielles ou de sécurité". Danfoss souligne par ailleurs "recommander depuis longtemps à ses clients de maintenir les systèmes pris en charge". Cette explication met en lumière un enjeu de fond pour l'ensemble du secteur : la vétusté des équipements industriels connectés, souvent déployés sur des cycles de vie longs, constitue une porte d'entrée privilégiée pour les attaquants. La maintenance des logiciels embarqués dans les infrastructures physiques reste, en France comme ailleurs, un chantier largement inachevé. L'affaire illustre la vulnérabilité croissante des chaînes d'approvisionnement alimentaire à des attaques informatiques visant des équipements industriels. Si le bilan matériel reste contenu pour Coopérative U, l'enquête ouverte par le parquet de Paris devra déterminer l'origine et les commanditaires de cette opération, dont le caractère inédit interroge sur la préparation des acteurs économiques face à ce type de menace.