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« Certains comportements nous inquiètent » : dans l’espace, la nouvelle guerre des étoiles entre puissances

Une · · Par Claire BERNARD

« Certains comportements nous inquiètent » : dans l’espace, la nouvelle guerre des étoiles entre puissances

Le vaisseau spatial Soyouz MS-29, transportant l’astronaute de la NASA Anil Menon ainsi que les cosmonautes de Roscosmos Piotr Doubrov et Anna Kikina, décolle e

Le vaisseau spatial Soyouz MS-29, transportant l’astronaute de la NASA Anil Menon ainsi que les cosmonautes de Roscosmos Piotr Doubrov et Anna Kikina, décolle en direction de la Station spatiale internationale (ISS). Pavel Mikheyev / REUTERS Alors que s’ouvre à Paris un sommet international consacré au spatial, les responsables militaires dressent un constat alarmant : la multiplication des menaces visant les satellites, du brouillage électromagnétique à la possibilité de destruction physique, redéfinit les équilibres stratégiques au-delà de l’atmosphère. Selon des informations rapportées par *Le Figaro*, cette nouvelle conflictualité spatiale s’inscrit dans un contexte de compétition accrue entre les grandes puissances, où « certains comportements nous inquiètent », selon les termes employés par des sources militaires citées par le quotidien. ### Un front terrestre dans la guerre spatiale Au début de l’été, les forces ukrainiennes ont frappé, au sol, les capacités spatiales russes. Le centre de communication de Doubna a été touché, notamment une antenne Mark IV, puis le centre Vladimir, celui de Beloomout ou encore celui de Meshcherino-1, rattaché au renseignement militaire russe. L’étendue des dégâts et des perturbations causés aux communications par satellites de la Russie est inconnue. Mais ces frappes rappellent que la guerre spatiale se mène aussi au sol. Elle constitue un front à part dans la guerre qui oppose la Russie à l’Ukraine depuis quatre ans et demi. Elle représente un nouveau théâtre d’opérations dans la compétition entre puissances. Ces actions terrestres ciblant des infrastructures critiques de communication soulignent une réalité souvent occultée : la vulnérabilité des systèmes spatiaux ne réside pas uniquement dans l’orbite terrestre, mais également dans leurs segments de contrôle et de transmission au sol. Les analystes militaires interrogés par *Le Figaro* estiment que ces frappes pourraient avoir un effet dissuasif significatif, démontrant qu’une puissance moyenne peut neutraliser partiellement des capacités spatiales adverses sans disposer d’arsenaux antisatellites sophistiqués. ### Une doctrine militaire en pleine mutation Par ailleurs, le sommet international de Paris intervient dans un climat de tensions croissantes concernant l’utilisation de l’espace à des fins militaires. Les débats portent notamment sur la nécessité d’établir des normes de comportement responsables dans l’espace extra-atmosphérique, alors que les traités existants, dont le Traité de l’espace de 1967, n’ont pas anticipé les évolutions technologiques récentes. Les délégations présentes à Paris devraient également aborder la question des armes antisatellites, dont les essais par certaines puissances ont suscité de vives préoccupations au sein de la communauté internationale. Les comportements évoqués par les responsables militaires incluent des manœuvres orbitales rapprochées non annoncées, des brouillages de signaux de plus en plus fréquents ainsi que le déploiement de satellites capables d’inspecter, voire de neutraliser, d’autres engins spatiaux. Selon des sources proches du dossier, ces pratiques pourraient représenter une menace directe pour la pérennité des infrastructures civiles et militaires qui dépendent quotidiennement des services satellitaires, des télécommunications à la navigation en passant par l’observation de la Terre. ### Vers une militarisation accrue de l’espace La création récente de commandements spatiaux dédiés par plusieurs nations, dont les États-Unis, la France et la Chine, illustre cette tendance à la militarisation de l’espace. Les budgets alloués à ces nouvelles structures connaissent une croissance soutenue, selon les données compilées par les instituts de recherche spécialisés. Cette course aux capacités spatiales offensives et défensives pourrait, selon certains experts, conduire à une escalade dont les conséquences seraient difficilement maîtrisables, chaque frappe contre un satellite risquant de générer des débris menaçant l’ensemble des engins évoluant en orbite basse. La question de la protection des actifs spatiaux devient d’autant plus cruciale que le nombre de satellites en orbite a considérablement augmenté ces dernières années, porté par le développement des constellations de télécommunications. Cette densification du trafic orbital accroît les risques de collision et complique la tâche des opérateurs chargés de la surveillance de l’espace. Les discussions de Paris pourraient également aborder la nécessité de renforcer la coopération internationale en matière de partage des données de trajectographie, afin de prévenir tout incident qui pourrait être interprété comme un acte hostile. ### Un équilibre stratégique fragile Les observateurs notent toutefois que la conflictualité spatiale demeure encadrée par des logiques de dissuasion et de réversibilité. Les puissances spatiales semblent pour l’instant privilégier des actions temporaires et réversibles, comme le brouillage de signaux, plutôt que des destructions irréversibles qui provoqueraient des débris à long terme. Cette prudence relative n’exclut pas, selon les analystes, une dégradation progressive de la situation si aucun cadre normatif contraignant n’est adopté dans les prochaines années. Le sommet de Paris pourrait constituer une étape décisive dans cette direction, à condition que les principales puissances spatiales acceptent de s’engager sur des principes communs de transparence et de notification préalable de leurs activités orbitales.