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« Certaines ont arrêté des lignes de production pendant quelques jours » : la guerre d’Iran qui s’éternise attise l’inquiétude des entreprises

Une · · Par Claire BERNARD

« Certaines ont arrêté des lignes de production pendant quelques jours » : la guerre d’Iran qui s’éternise attise l’inquiétude des entreprises

La guerre en Iran, qui perdure depuis plus de deux mois, continue d'inquiéter les entreprises françaises. Le 4 mai 2026, Patrick Martin, président du Medef, a t

La guerre en Iran, qui perdure depuis plus de deux mois, continue d'inquiéter les entreprises françaises. Le 4 mai 2026, Patrick Martin, président du Medef, a tiré la sonnette d'alarme quant à l'impact potentiel de ce conflit sur l'économie. Bien que le pays n'ait pas encore connu de ruptures d'approvisionnement majeures, les entreprises commencent à ressentir les effets d'une hausse des prix sur certains produits. Dès le début du conflit, qui a éclaté le 28 février 2026, les craintes concernant les approvisionnements en pétrole et en produits dérivés avaient émergé, notamment en raison de la fermeture annoncée du détroit d'Ormuz. Ce détroit, qui est un passage stratégique pour le transport de près de 20% du pétrole mondial, représente une vulnérabilité pour les économies dépendantes des importations d'hydrocarbures. Cependant, selon les déclarations de Patrick Martin, les entreprises ont jusqu'à présent réussi à éviter des pénuries critiques. « À de rares exceptions, nous n’avons pas identifié de problèmes de pénuries », a-t-il précisé, soulignant que la situation reste sous contrôle pour l’instant. Thierry Le Hénaff, PDG du géant chimique Arkema, a également confirmé cette tendance lors de la présentation de ses résultats trimestriels, indiquant que son entreprise avait réussi à traverser la crise sans rupture d'approvisionnement. Cependant, il a mis en garde contre l'impact prolongé du conflit, qui pourrait entraîner des hausses de prix plus marquées. « Plus le conflit dure, plus les risques de pénurie augmentent », a-t-il ajouté, soulignant le caractère incertain de la situation. De nombreuses entreprises, selon Le Figaro, ont dû prendre des mesures préventives face à cette instabilité. Certaines auraient même suspendu temporairement des lignes de production en raison de la hausse des coûts des matières premières et des incertitudes sur les délais de livraison. Bien que ces arrêts soient limités pour l’instant, ils pourraient poser des problèmes à long terme si le conflit persiste. Les effets de cette guerre ne se limitent pas seulement aux entreprises du secteur pétrolier ou chimique. D'autres secteurs, tels que l'agroalimentaire, commencent également à ressentir les pressions inflationnistes. Selon les experts, les prix des denrées alimentaires pourraient augmenter en raison des coûts de transport et des matières premières, qui sont directement influencés par les fluctuations du marché pétrolier. Le rapport de l'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) a d'ailleurs signalé des augmentations des prix alimentaires à l'échelle mondiale, une tendance qui pourrait s'accentuer dans les mois à venir si la guerre en Iran se prolonge. La situation est d'autant plus préoccupante que le climat économique mondial est déjà fragile, avec des taux d'inflation élevés dans de nombreux pays. Les entreprises françaises, qui ont déjà fait face à des défis liés à la chaîne d'approvisionnement pendant la pandémie de Covid-19, sont désormais confrontées à un nouveau défi géopolitique qui pourrait compliquer davantage leurs opérations. La question de la stabilité énergétique devient alors cruciale pour ces entreprises. En effet, l'Europe, qui cherche à réduire sa dépendance vis-à-vis des hydrocarbures russes, pourrait voir dans le conflit en Iran une opportunité d'accélérer la transition vers des énergies renouvelables. Cependant, cette transition nécessite des investissements conséquents et une planification minutieuse, ce qui peut être difficile dans un contexte d'incertitude. Les entreprises doivent donc naviguer dans un environnement de plus en plus complexe, où les choix stratégiques seront déterminants pour leur survie et leur compétitivité. Les alertes émises par des leaders d'opinion comme Patrick Martin doivent être prises au sérieux, car elles témoignent d'une réalité économique qui pourrait rapidement se détériorer si la guerre en Iran se prolonge. En conclusion, bien que la situation actuelle ne soit pas alarmante en termes de pénurie, les entreprises doivent se préparer à des hausses de prix et à des ajustements stratégiques. L'issue de ce conflit et ses répercussions sur l'économie mondiale restent incertaines, mais le besoin d'une vigilance continue est indéniable.