Cerné par les critiques, Gianni Infantino annonce le retrait du projet d’investissements privés de la Fifa

Le président de la Fifa, Gianni Infantino, a annoncé dans la nuit de vendredi à samedi le retrait du projet d’ouverture de l’instance dirigeante du football mon
Le président de la Fifa, Gianni Infantino, a annoncé dans la nuit de vendredi à samedi le retrait du projet d’ouverture de l’instance dirigeante du football mondial à des investisseurs privés. Cette décision, rapportée par Le Figaro avec l’AFP, intervient après une semaine marquée par une opposition frontale de l’UEFA et des confédérations asiatique et américaine, qui menaçaient de boycotter le plan.
## Un renoncement acté sous la pression des confédérations
Selon les informations publiées par Le Figaro le 1er août 2026, Gianni Infantino a officiellement renoncé à ce projet qui visait à porter à dix milliards de dollars le financement du développement du football dans les quatre prochaines années. Dans un communiqué transmis dans la nuit, le dirigeant a reconnu que « le projet a créé des divisions (…) qui ne sont plus dans l’intérêt de l’objectif initial ». Il a ajouté que « la proposition ne sera donc pas retenue », précisant que « notre but a toujours été, et sera toujours, d’unir et de progresser ».
Ce revirement spectaculaire fait suite à une semaine de tensions intenses au sein de l’écosystème footballistique. Le plan, présenté mardi à la surprise générale, avait immédiatement suscité l’inquiétude des principales instances continentales. L’UEFA, la confédération européenne, avait notamment fait part de sa volonté de boycotter le dispositif, tandis que les confédérations asiatique et américaine avaient exprimé leur opposition ferme à ce schéma de financement privé.
## Des soupçons de conflits d’intérêts persistants
Au-delà de la simple opposition institutionnelle, ce projet nourrissait des craintes plus profondes concernant une possible marchandisation du football. Selon les éléments rapportés par Le Figaro, des soupçons de conflit d’intérêts entouraient cette initiative, qui aurait ouvert la gouvernance de la Fifa à des fonds d’investissement privés. Cette perspective avait ravivé les débats sur l’équilibre entre la dimension sportive et les impératifs commerciaux du football mondial.
La position de Gianni Infantino s’en trouve d’autant plus fragilisée que cette annonce intervient dans un contexte de turbulences internes. Le conseiller principal du président de la Fifa, Carlos Cordeiro, a en effet récemment présenté sa démission, un départ qui pourrait refléter des dissensions au sein de l’organisation sur la stratégie à adopter. Cette succession d’événements semble indiquer une période de fragilité pour la gouvernance de l’instance basée à Zurich.
## Une gouvernance sous tension à l’approche des échéances majeures
Ce retrait forcé soulève des interrogations sur l’autorité de Gianni Infantino à la tête de la Fifa. Le dirigeant, qui a présidé à la réorganisation de l’instance après les scandales de corruption ayant éclaboussé ses prédécesseurs, se trouve désormais confronté à un paysage institutionnel où les grandes confédérations entendent peser davantage dans les décisions stratégiques.
Par ailleurs, ce contexte de défiance intervient alors que la Fifa doit gérer des dossiers sensibles, notamment la préparation des prochaines compétitions internationales. La Coupe du monde 2026, dont la finale s’est tenue à New York le 19 juillet dernier en présence de Donald Trump et de Gianni Infantino, a certes été un succès populaire, mais les défis financiers et organisationnels demeurent considérables pour les cycles suivants.
La question de la diversification des sources de financement de la Fifa n’est toutefois pas close. Si ce projet précis a été abandonné, l’instance pourrait être amenée à explorer d’autres pistes pour soutenir le développement du football dans les régions les moins dotées, tout en devant composer avec les exigences d’une gouvernance plus transparente et moins exposée aux critiques de marchandisation de la discipline.