Centrafrique: «Nous sommes exposés à cette épidémie», la peur de la population de Bokassi face au choléra

# Centrafrique : « Nous sommes exposés à cette épidémie », la peur de la population de Bokassi face au choléra Depuis la confirmation du premier cas de choléra
# Centrafrique : « Nous sommes exposés à cette épidémie », la peur de la population de Bokassi face au choléra
Depuis la confirmation du premier cas de choléra le 26 juin dernier, la Centrafrique fait face à une épidémie qui a déjà touché plus de 200 personnes et causé une vingtaine de décès, selon les données du ministère de la Santé. Dans la localité de Bokassi, située dans le sud-ouest du pays, la population exprime une inquiétude croissante face à une maladie dont la propagation semble difficile à endiguer, faute d'infrastructures sanitaires adaptées.
## Une épidémie concentrée dans le sud-ouest du pays
Selon des informations rapportées par RFI, l'épidémie de choléra touche principalement les districts sanitaires de Bimbo et de Mbaïki, dans le sud-ouest de la Centrafrique. Ces zones, pourtant proches de la capitale Bangui, souffrent d'un accès limité à l'eau potable et à des services de santé de base. Les autorités sanitaires affirment que la situation est sous contrôle, mais les chiffres disponibles suggèrent une progression préoccupante de la maladie. En l'espace de quelques semaines, plus de 200 cas ont été recensés, avec un taux de létalité qui interroge sur la capacité du système de santé à répondre efficacement à cette crise sanitaire.
Le choléra, maladie diarrhéique aiguë causée par l'ingestion d'eau ou d'aliments contaminés par la bactérie *Vibrio cholerae*, se propage rapidement dans les environnements où l'assainissement est défaillant. Dans les districts de Bimbo et de Mbaïki, les conditions sanitaires précaires pourraient expliquer en partie la rapidité de la transmission. Les forages, lorsqu'ils existent, sont souvent insuffisants pour couvrir les besoins de l'ensemble de la population, ce qui contraint les habitants à s'approvisionner dans des sources d'eau non traitées.
## La crainte des habitants de Bokassi face au manque d'infrastructures
Dans la localité de Bokassi, la peur est palpable. « Nous sommes exposés à cette épidémie », confient des habitants, cités par RFI, exprimant un sentiment d'abandon face à une menace sanitaire qu'ils estiment mal anticipée par les autorités. Le manque d'infrastructures sanitaires dans cette zone est en effet criant : les centres de santé sont rares, souvent sous-équipés, et le personnel médical fait défaut. En cas de contamination, les malades doivent parfois parcourir plusieurs kilomètres pour accéder à des soins, ce qui retarde la prise en charge et aggrave le pronostic.
L'absence de forages dans plusieurs localités affectées complique également la prévention. Sans accès à une eau potable en quantité suffisante, les gestes d'hygiène de base — comme le lavage des mains ou la purification de l'eau de boisson — deviennent difficilement réalisables. Les autorités sanitaires ont bien lancé des campagnes de sensibilisation et distribué des kits d'hygiène, mais ces mesures semblent insuffisantes face à l'ampleur des besoins. Selon des sources gouvernementales, la priorité est actuellement à la prise en charge des cas déclarés, mais la prévention reste un défi majeur dans un contexte de pénurie chronique.
## Une riposte entravée par des contraintes structurelles
Si le ministère de la Santé assure que la situation est sous contrôle, les acteurs de terrain dressent un constat plus nuancé. La poursuite de la transmission du choléra dans les districts de Bimbo et de Mbaïki pourrait s'expliquer par plusieurs facteurs structurels. D'une part, la Centrafrique sort à peine d'une longue période d'instabilité politique et sécuritaire, qui a considérablement affaibli son système de santé. Les infrastructures sanitaires, déjà insuffisantes avant la crise, n'ont pas été renforcées depuis. D'autre part, la saison des pluies, qui bat son plein dans cette région d'Afrique centrale, favorise la contamination des sources d'eau par les eaux usées.
Les organisations humanitaires présentes sur le terrain tentent de pallier ces carences, mais leurs moyens sont limités. Médecins Sans Frontières et d'autres ONG ont déployé des équipes mobiles pour traiter les malades et distribuer des produits de chloration, mais la couverture reste partielle. Selon des rapports d'organisations internationales, il faudrait investir massivement dans la construction de forages et de latrines pour réduire durablement le risque de nouvelles épidémies. En attendant, la population de Bokassi et des localités voisines reste exposée à une maladie qui peut tuer en quelques heures si elle n'est pas traitée à temps.
La situation en Centrafrique illustre les difficultés récurrentes des pays fragiles à faire face aux épidémies, malgré les efforts des autorités et des partenaires internationaux. Le choléra, bien que parfaitement connu et traitable, continue de faire des victimes là où l'accès à l'eau potable et aux soins de santé reste un luxe.