Cela "porterait atteinte à notre confiance dans les États-Unis en tant que partenaire fiable": Bruxelles balaie les menaces de Washington d'interdiction des exportations américaines de gazole

## Bruxelles rejette les pressions américaines sur les stocks de gazole La Commission européenne a fermement rejeté, ce jeudi, les menaces de l'administration T
## Bruxelles rejette les pressions américaines sur les stocks de gazole
La Commission européenne a fermement rejeté, ce jeudi, les menaces de l'administration Trump d'interdire les exportations américaines de gazole vers l'Union européenne si les États membres refusaient de puiser dans leurs réserves d'urgence. Une position qui illustre la dégradation rapide des relations transatlantiques sur le dossier énergétique, alors que les prix du gazole s'envolent sur les marchés mondiaux.
## Une mise en garde sans précédent
Selon une information rapportée par BFM Business, Washington aurait explicitement menacé de bloquer ses livraisons de carburants vers l'Europe en cas de refus des capitales européennes de libérer leurs stocks stratégiques. Une perspective jugée inacceptable à Bruxelles. « Cela porterait atteinte à notre confiance dans les États-Unis en tant que partenaire fiable », a averti Anna-Kaisa Itkonen, porte-parole de la Commission européenne. La formulation, rare dans sa dureté, traduit l'inquiétude des institutions européennes face à ce qui s'apparente à un chantage énergétique. L'UE importe en effet des volumes significatifs de gazole américain, ce qui rend la menace particulièrement sensible pour les économies européennes déjà fragilisées par la volatilité des prix de l'énergie.
## L'Europe privilégie une réponse collective
Face à cette pression, Bruxelles a choisi de ne pas céder à l'injonction américaine et plaide pour une action coordonnée. L'Union européenne s'est déclarée « prête à une action collective » avec l'Agence internationale de l'énergie (AIE) afin de décider, ou non, de puiser dans les stocks stratégiques des États membres. Cette approche rappelle la décision prise en mars dernier, lorsque les pays membres de l'AIE — dont ceux de l'UE — s'étaient engagés à libérer progressivement 400 millions de barils de pétrole prélevés sur leurs réserves d'urgence. Toutefois, selon Bruxelles, tous ces barils n'ont pas encore été effectivement mis sur le marché, un retard que Washington reproche précisément à l'Europe.
## Paris en première ligne diplomatique
La France s'est positionnée au cœur des discussions. Dans la matinée de jeudi, une première réunion entre experts européens s'est tenue, avec sur la table une proposition française visant à puiser dans les stocks stratégiques, selon plusieurs diplomates cités par BFM Business. Dans la nuit de jeudi à vendredi, Emmanuel Macron s'est entretenu par téléphone avec Donald Trump. Le président français « a souligné que les pays du G7 avaient un intérêt commun à agir de manière concertée, sans restriction aux exportations », a indiqué l'Élysée. Emmanuel Macron, qui s'est également entretenu avec le Premier ministre canadien Mark Carney, « entend réunir dans les meilleurs délais une visioconférence des dirigeants du G7 pour assurer la coordination des mesures à prendre », a précisé la présidence française. Un appel entre dirigeants européens pourrait par ailleurs se tenir vendredi après-midi afin de poursuivre ces échanges.
## Un test pour la solidarité occidentale
Au-delà de la question technique des stocks pétroliers, cet épisode met à l'épreuve la cohésion des alliés occidentaux dans un contexte de tensions géopolitiques multiples. Washington accuse l'Europe de ne pas en faire assez pour faire baisser les prix, tandis que Bruxelles dénonce une méthode coercitive incompatible avec l'esprit d'un partenariat stratégique. La convocation envisagée d'un sommet du G7 constituera un indicateur clé de la capacité des deux rives de l'Atlantique à surmonter leurs divergences. En cas d'échec, la crédibilité de la coordination énergétique occidentale — déjà éprouvée depuis 2022 — risquerait d'en sortir durablement affaiblie.