"Cela ne me plaît pas, ils sont en train de faire trop d'argent": Donald Trump critique les superprofits des géants pétroliers américains, dopés par sa guerre au Moyen-Orient

Le président américain a haussé le ton contre les géants pétroliers nationaux, les accusant de profiter indûment de la guerre au Moyen-Orient pour engranger des
Le président américain a haussé le ton contre les géants pétroliers nationaux, les accusant de profiter indûment de la guerre au Moyen-Orient pour engranger des bénéfices records. Alors que les prix à la pompe alimentent l'inflation et inquiètent les électeurs à trois mois des élections de mi-mandat, Donald Trump exige une baisse rapide des tarifs, dans un contexte de tensions géopolitiques majeures autour du détroit d'Ormuz.
### Des résultats financiers en forte hausse
ExxonMobil et Chevron ont publié vendredi des résultats trimestriels spectaculaires. Le premier a annoncé un bénéfice net de 14,5 milliards de dollars sur le deuxième trimestre, soit un doublement par rapport à l'année précédente. Son concurrent Chevron a dégagé 12,1 milliards de dollars, un montant cinq fois supérieur à celui enregistré un an plus tôt. Ces chiffres, rapportés par BFM Business, illustrent l'ampleur des superprofits réalisés par les deux groupes dans un contexte de flambée des cours du brut.
Les compagnies pétrolières ont toutefois pris soin de ne pas établir de lien direct entre cette hausse de leurs revenus et le conflit en cours. Le patron d'ExxonMobil a notamment attribué la progression des prix à la pompe à d'autres facteurs, sans toutefois convaincre la Maison Blanche. Les analystes soulignent que les tensions au Moyen-Orient, initiées fin février par des frappes américaines et israéliennes en Iran, ont mécaniquement soutenu les cours du pétrole.
### Une colère présidentielle assumée
"Cela ne me plaît pas, ils sont en train de faire trop d'argent", a déclaré Donald Trump ce lundi 3 août depuis la Maison Blanche. "En profitant des pénuries, ils se font trop d'argent", a-t-il insisté, citant explicitement ExxonMobil et Chevron parmi les entreprises ayant le plus bénéficié des conséquences de la guerre. Le président américain, qui se présente comme "un ardent défenseur de la libre entreprise", a néanmoins exigé une action immédiate de la part des groupes concernés.
"Lorsque vous voyez qu'une entreprise a multiplié par douze fois ce qu'elle générait l'année précédente, elle se doit d'en redonner une partie au public", a martelé le chef de l'État. Il a également rappelé que les géants pétroliers "ont tout intérêt à baisser les prix à la pompe", sous-entendant une pression politique croissante sur les directions de ces groupes. Cette sortie intervient alors que la flambée des carburants pèse lourdement sur le pouvoir d'achat des ménages américains.
### Un enjeu politique majeur
Cette critique présidentielle s'inscrit dans un calendrier politique chargé. À trois mois des élections de mi-mandat, le pouvoir d'achat s'impose comme un thème central de la campagne. Les prix des carburants, directement visibles par les consommateurs, constituent un indicateur sensible pour l'opinion publique. La Maison Blanche cherche ainsi à apparaître comme un rempart contre les abus des grandes entreprises, tout en évitant de s'aliéner un secteur économique stratégique.
Les réactions des groupes pétroliers n'ont pas tardé, bien que leurs dirigeants aient évité toute confrontation directe avec le président. Ils mettent en avant la volatilité des marchés et les investissements nécessaires pour garantir l'approvisionnement énergétique du pays. La question des superprofits pourrait néanmoins relancer le débat sur une éventuelle taxation exceptionnelle, une hypothèse que l'administration n'a pas officiellement écartée.
### Une tension persistante sur les marchés
Au-delà des déclarations politiques, la situation reste marquée par une forte incertitude géopolitique. Les frappes en Iran et les tensions récurrentes autour du détroit d'Ormuz, passage stratégique pour le transport maritime du pétrole, continuent d'entretenir la volatilité des cours. Les analystes estiment que les prix du brut pourraient rester élevés tant que le conflit ne sera pas résolu, ce qui maintiendrait la pression sur les consommateurs américains et sur l'exécutif.
La confrontation entre Donald Trump et les majors pétrolières illustre la difficulté de concilier intérêts économiques et impératifs politiques dans un contexte de crise internationale. Les prochaines semaines seront décisives pour observer si les groupes concernés répondront aux injonctions présidentielles ou maintiendront leurs stratégies de rentabilité.