"Cela coûterait plus que le budget du ministère de la Justice": Maud Bregeon s'oppose à la baisse des taxes sur le carburant prônée par Marine Le Pen

## Une bataille budgétaire autour du carburant La flambée des prix à la pompe ravive le débat sur la fiscalité des carburants. Face à cette situation, Marine Le
## Une bataille budgétaire autour du carburant
La flambée des prix à la pompe ravive le débat sur la fiscalité des carburants. Face à cette situation, Marine Le Pen propose une réduction du taux de TVA de 20 % à 5,5 % sur les carburants, une mesure que le gouvernement juge financièrement intenable. Maud Bregeon, ministre de l'Énergie et porte-parole du gouvernement, a vivement critiqué cette proposition sur France Inter, estimant son coût incompatible avec l'état des finances publiques.
## Une mesure chiffrée entre 12 et 15 milliards d'euros
Selon les estimations avancées, la baisse de TVA prônée par le Rassemblement national représenterait un manque à gagner de 12 à 15 milliards d'euros par an pour les finances publiques. Maud Bregeon a comparé ce montant au budget du ministère de la Justice, fixé à 10,2 milliards d'euros en 2026. « Cela coûterait 15 milliards d'euros, plus que le budget du ministère de la Justice. Avec quel argent Mme Le Pen compte financer les aides qu'elle propose ? Elle n'en a aucune idée », a-t-elle déclaré. Concrètement, cette réduction ramènerait le prix d'un litre de diesel à la baisse d'environ 30 centimes d'euros, un geste substantiel pour les automobilistes mais lourd pour les comptes de l'État.
## Le RN assume le coût de sa proposition
De son côté, le Rassemblement national ne conteste pas l'ampleur de la dépense. Le parti estime le coût de cette réduction de TVA à 12 milliards d'euros par an, un montant qu'il assume publiquement. Dans son dernier contre-budget, le RN proposait déjà de financer des baisses d'impôts et de taxes par des économies qu'il juge réalisables. Marine Le Pen défend cette approche depuis cinq ans, arguant qu'il n'existe pas d'autre solution pour alléger la facture des Français. « Il n'y a qu'une seule méthode : baisser la TVA et la TICPE sur le litre de carburant », a-t-elle affirmé sur l'antenne d'Ici Gironde ce vendredi.
## Un clivage sur la transition énergétique
Au-delà du débat budgétaire, la controverse porte sur la politique énergétique. Maud Bregeon fustige une mesure qui, selon elle, va à l'encontre de la sortie des énergies fossiles. « Marine Le Pen promeut indirectement le gaz algérien, le GNL américain et le pétrole importé du Moyen-Orient. C'est extrêmement grave et ça va à l'encontre des intérêts français », a-t-elle insisté. Le gouvernement défend pour sa part une philosophie d'aides ciblées, destinées aux Français qui travaillent et aux plus précaires, plutôt qu'une baisse générale des taxes qui bénéficierait à l'ensemble des consommateurs, quel que soit leur niveau de revenu.
## Un débat qui devrait se poursuivre
Cette confrontation illustre le clivage entre deux conceptions de la politique énergétique et fiscale. D'un côté, une baisse généralisée des taxes pour répondre immédiatement au pouvoir d'achat ; de l'autre, des aides ciblées jugées plus soutenables et compatibles avec la transition écologique. Alors que les prix du carburant restent élevés, ce dossier devrait continuer d'alimenter les débats politiques dans les semaines à venir, sans qu'aucune des deux parties ne semble prête à céder sur ses positions.