"Ce ne sont pas les vacances d'été qui vont nous refroidir": après la grève très suivie ce mercredi, les syndicats de la SNCF mettent la pression sur Jean Castex qui ne prévoit pas de les rencontrer avant le 23 juin

Introduction La journée de grève de ce mercredi à la SNCF, marquée par une mobilisation jugée "très suivie" par les syndicats, rebat les cartes du dialogue soci
Introduction
La journée de grève de ce mercredi à la SNCF, marquée par une mobilisation jugée "très suivie" par les syndicats, rebat les cartes du dialogue social au sein de l'entreprise ferroviaire. Alors que la direction, menée par Jean Castex, ne prévoit pas de rencontrer les organisations représentatives avant le 23 juin, les syndicats dénoncent une "provocation" et menacent de durcir le mouvement. "Ce ne sont pas les vacances d'été qui vont nous refroidir", préviennent-ils, promettant des suites à cette mobilisation qui a fortement perturbé le trafic.
Une mobilisation massive qui pèse sur le trafic
Ce mercredi, l'appel à la grève lancé par les quatre syndicats représentatifs de la SNCF — CGT, SUD-Rail, CFDT et UNSA — a provoqué des perturbations importantes sur l'ensemble du réseau. Selon les chiffres communiqués par la direction, seuls deux TGV sur trois ont circulé, un Intercités sur deux, tandis que les trains régionaux (TER), les RER et les Transiliens en Île-de-France ont subi de nombreuses annulations. La ligne D du RER a été particulièrement touchée, avec 95 % des conducteurs grévistes. Selon la CGT, "près d'un cheminot sur deux" aurait participé au mouvement, un taux de mobilisation qui place les syndicats en position de force pour la suite des négociations.
Le malaise social au cœur des revendications
Au-delà de la question des rémunérations, les syndicats mettent en avant un malaise social profond au sein du groupe. Ils pointent du doigt les réorganisations incessantes qui touchent toutes les activités, motivées par une recherche accrue de productivité, et qui pèsent lourdement sur les conditions de travail. L'inquiétude principale concerne la fragmentation de la SNCF dans le cadre de l'ouverture à la concurrence. Les syndicats redoutent une remise en cause de l'unicité sociale du groupe et l'émergence de conditions de travail bien plus difficiles dans les nouvelles filiales créées un peu partout en France. Ce contexte se traduirait, selon eux, par une hausse des accidents du travail et une augmentation "inquiétante" des suicides.
Une date de rendez-vous jugée insultante
Le principal point de crispation reste l'agenda de la direction. Alors que les syndicats réclament une rencontre urgente avec Jean Castex, le nouveau patron de la SNCF, celle-ci n'est pas prévue avant le 23 juin. Un délai jugé "provocateur" par les organisations syndicales, qui estiment que la direction ne prend pas la mesure de l'urgence sociale. "Nos revendications ne vont pas s'évaporer. Au vu de la mobilisation et de la réaction des cheminots aujourd'hui, il y aura évidemment des suites", a prévenu sur Franceinfo Julien Troccaz, secrétaire fédéral de SUD-Rail. Les syndicats laissent ainsi planer la menace d'un mouvement reconductible ou de nouvelles actions coup de poing, y compris pendant la période estivale.
Conclusion
La grève de ce mercredi constitue un signal d'alarme pour la direction de la SNCF. En démontrant leur capacité à mobiliser massivement, les syndicats entendent peser sur le calendrier des négociations. Le refus de Jean Castex d'avancer la date du 23 juin pourrait précipiter une escalade du conflit, avec des conséquences potentielles sur les départs en vacances des Français. Le dialogue social s'annonce sous tension dans les semaines à venir.