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"Ce texte a été construit à partir des préoccupations concrètes des agriculteurs": Annie Genevard espère un vote de la loi agricole en dépit de dispositions contestées

Economie · · Par Julie MOREAU

# Un projet de loi agricole sous tension entre urgence et controverses La ministre de l'Agriculture Annie Genevard a exprimé samedi son souhait de voir le Parle

# Un projet de loi agricole sous tension entre urgence et controverses La ministre de l'Agriculture Annie Genevard a exprimé samedi son souhait de voir le Parlement adopter le projet de loi d'urgence agricole, malgré les vives contestations suscitées par la réintroduction dérogatoire de certains pesticides interdits. Alors que les députés et sénateurs se sont accordés jeudi sur un texte commun en commission mixte paritaire (CMP), l'exécutif redoute un rejet lors des votes décisifs prévus lundi à l'Assemblée nationale et mardi au Sénat. "Le vote appartient désormais aux deux chambres, mais je souhaite évidemment l'adoption de ce texte qui a été construit à partir des préoccupations concrètes des agriculteurs", a déclaré la ministre au Journal du Dimanche. ## Une disposition sur les pesticides qui divise le bloc central Le compromis trouvé en CMP maintient notamment la réintroduction dérogatoire de certains pesticides interdits, une mesure introduite par le Sénat mais qui fragilise l'unité du bloc central. Pour Annie Genevard, le débat sur les pesticides "est devenu extrêmement émotionnel, comme l'a montré la pétition lancée par une personne qui, de son propre aveu, n'y connaissait rien". La ministre met en garde contre un rejet du texte : "Faire échouer ce texte par idéologie, calcul ou peur achèverait de désespérer les agriculteurs." Elle insiste sur les "très nombreuses avancées attendues par les agriculteurs" contenues dans ce projet de loi, estimant que la controverse sur les pesticides ne devrait pas compromettre l'ensemble du dispositif. ## Des mobilisations citoyennes en province Samedi, plusieurs rassemblements ont eu lieu en France pour exprimer l'opposition à ce projet de loi, en particulier sur la question des pesticides. À Lyon, les manifestants étaient une cinquantaine, tandis qu'à Angers, près de 200 personnes se sont réunies pour protester contre cette disposition controversée. Ces mobilisations, bien que modestes en nombre, témoignent d'une sensibilité croissante de l'opinion publique sur les questions environnementales et sanitaires liées à l'usage des produits phytosanitaires. Les organisateurs de ces rassemblements dénoncent un recul sur les engagements écologiques pris ces dernières années. ## Un calendrier parlementaire serré Les quatorze parlementaires réunis en CMP jeudi sont parvenus à un accord sur un texte commun, qui doit désormais franchir l'ultime étape du vote dans les deux chambres. L'Assemblée nationale se prononcera lundi, suivie du Sénat mardi. L'enjeu est crucial pour le gouvernement, qui mise sur cette loi d'urgence pour répondre à la crise agricole qui secoue le secteur depuis plusieurs mois. Le texte initial visait à simplifier les démarches administratives, améliorer la rémunération des agriculteurs et renforcer la souveraineté alimentaire française. Cependant, l'ajout sénatorial sur les pesticides a créé une fracture au sein même de la majorité, certains députés exprimant leur réticence à voter une mesure perçue comme un recul environnemental. ## Entre urgence économique et impératifs écologiques Le projet de loi d'urgence agricole se trouve au cœur d'une équation complexe pour l'exécutif : répondre à la détresse économique des agriculteurs tout en respectant les engagements environnementaux de la France. Annie Genevard défend un équilibre pragmatique, estimant que le texte contient suffisamment d'avancées pour justifier son adoption. La ministre rappelle que la pétition contre la réintroduction des pesticides a été lancée par une personne "qui, de son propre aveu, n'y connaissait rien", minimisant ainsi la portée de l'opposition citoyenne. Pour autant, les associations environnementales et certains élus locaux maintiennent leur pression, jugeant que cette disposition ouvre une brèche dangereuse dans la réglementation phytosanitaire française. La semaine qui s'ouvre sera décisive pour l'avenir de ce texte. Si le Parlement l'adopte, le gouvernement pourra mettre en œuvre des mesures attendues depuis des mois par les agriculteurs. En cas de rejet, l'exécutif devra revoir sa copie, dans un contexte où la colère agricole reste vive et où les mobilisations pourraient se renforcer. Le choix des parlementaires déterminera non seulement le sort de cette loi, mais aussi la capacité du gouvernement à concilier urgence économique et transition écologique, un équilibre qui s'annonce de plus en plus périlleux.